AFRIQUE : Economie et Paix
Mamadou KOULIBALY
Professeur de sciences économiques
Conférence préparée pour la rentrée solennelle de l'Académie
des Sciences des Arts,
des Cultures d'Afrique et des Diasporas africaines (ASCAD)
Abidjan le 11 décembre 2009
« Il n'y a de paix qu'entre esprit et esprit.»
Alain. In "Mars ou la guerre jugée" Gallimard
L'encyclopédie universelle Larousse 2009 définit ainsi la paix : « Etat de concorde, d'accord entre les citoyens, les groupes sociaux, absence de luttes sociales ou de troubles sociaux » qui rendent une société apte à sortir de l'état de guerre et de querelles.
L'Economie, quant à elle, est la science de l'action humaine qui emploie le calcul ou peut l'employer si certaines conditions sont remplies. Interrogeons-nous alors sur la place de l’économie dans la construction et le maintien de la paix.
L'action humaine conduit à la paix. Alors question : Comment l’économie peut-elle construire la paix ? C’est la première question que nous nous poserons, puis, nous nous interrogerons sur le rôle de la paix en tant que fondement de l’économie. Après avoir analysé cette interdépendance entre économie et paix, nous tenterons de définir le contexte économique le mieux adapté à l’instauration d’un climat de paix durable.
LA PAIX PAR L'ECONOMIE
La science de l'économie, comme défini précédemment, fonde la paix sur trois piliers fondamentaux : la propriété, la liberté et l'échange.
Les droits de la propriété plurielle sont des relations qui se tissent entre humains dans le but de désigner qui est propriétaire d'un bien et qui ne l'est pas. Ce sont des relations conventionnelles qui donnent au propriétaire le privilège de l'usus, de l'abusus et du fructus. Lorsque ces droits sont précis et clairs, le propriétaire jouit des avantages liés à son bien, tout en en assumant les responsabilités.
La liberté et l'échange permettent d'entrer en interrelation avec les autres. La relation d'échange libre est la relation sociale de base. C'est par l'échange de nos propriétés respectives de biens et services que s'établit l'interaction sociale que l'on appelle la Société. L’histoire nous enseigne que les interactions ont très souvent reposé sur l’agression hostile. Ainsi, l'économie de l'échange libre, fondement de la paix, est l’aboutissement d'un long processus ponctué d’hostilité et de troc pour aboutir enfin à l’échange monétaire. Il n'y a pas de monnaie sans confiance.
Cette méthode de l'économie qui analyse la paix de cette façon est fondée sur l'individualisme méthodologique et elle décrit la coopération sociale de deux façons : la coopération par le contrat et la coordination qui passe par le marché libre et la coopération par l'hégémonie qui passe par la subordination et le commandement.
La coopération et le contrat conduisent à des relations symétriques qui sont plus souvent justes tandis que l'hégémonie conduit à des relations asymétriques très souvent source d'injustices. Mais il faut retenir que dans une société contractuelle les individus échangent des biens et des services en quantités et qualités bien définies. Dans une société hégémonique, les individus ne reçoivent ni ne fournissent rien de bien défini. Ils rendent au système des services indéterminés et reçoivent en retour ce que le dirigeant est disposé à leur assigner. L'individu dans ce type de système est à la merci du dirigeant. Dans la philosophie politique, les deux espèces de coopération sociale sont communes à toutes les théories. Pour certaines, le parallèle est établi entre nations guerrières et nations mercantiles. Pour d'autres, le contraste est présenté entre nations combatives et nations paisibles ; entre sociétés individualistes et sociétés collectivistes ; entre sociétés de héros et celles de colporteurs ; entre bourgeoisie et prolétariat, etc.
Dans les relations entre les hommes, la pérennité repose sur la paix et la justice dans le règlement amiable des conflits. En cas de conflits violents, la collaboration cesse, l'échange libre et le lien social aussi.
L'économie de guerre prend alors le dessus avec ses contrebandiers et ses trafiquants de toutes sortes. Les droits et les libertés individuelles sont alors systématiquement violés.
Les partis politiques fondent leur utopie sur la paix et la justice. Parfois, lorsque l'utopie proposée ne paraît pas évidente pour tous les individus, les partis procèdent alors par pacification, c'est-à-dire par l'assujettissement forcé de tous ceux qui ne sont pas disposés à céder sans résistance. L'économie de l'esclavage, celles de la colonisation et des indépendances sont de cette nature.
L'ordre contractuel de la société qui stabilise la paix est l'état de droit qui consacre la suprématie du droit. Cet état de droit délimite le cadre dans lequel les individus sont libres d'agir. L'Etat n'intervient alors que par subsidiarité au-delà des limites des contrats inter individuels.
Ainsi, l’économie construit la paix par des individus libres, la propriété plurielle et le libre échange de leurs biens et leurs services dans le respect du droit et de la justice.
La paix est donc fonction du type de modèle économique appliqué. Les sociétés respectant l'individualité de l'homme et sa liberté sont passées de l'Etat autoritaire à l'Etat contractuel et démocratique. C'est l'Etat moderne dans lequel la paix est plus accessible et pérenne. La liberté, la propriété plurielle et de l'échange libre sont les vrais fondements de la paix. Notre analyse soutient que tout autre modèle conduit les sociétés aux conflits, aux crises, à la pauvreté et à la misère.
LA PAIX POUR L'ECONOMIE
« Nous nous pressons de reprendre le fil de notre vie au point même où nous l'avions laissé, avec cette seule différence que beaucoup d'entre nous semblent bien plus riches qu'auparavant. Là, où avant la guerre nous dépensions des millions, nous avons appris maintenant à dépenser des centaines de millions sans souffrance apparente.» John Maynard KEYNES, Les conséquences économiques de la paix (1919).
Les élites africaines se battent entre elles pour contrôler les Etats et les ressources naturelles des pays. C'est une vieille tradition d'absence de paix qui marque l'histoire de l'Afrique. L'économie centralisée est durement convoitée par les élites et leurs partis et ce combat est permanent et destructeur car sans foi ni lois. Ces querelles intestines placent les Etats dans une instabilité chronique qui les rend vulnérables face à tout autre Etat prédateur.
Si l'on analyse les grandes ruptures de paix dans les pays d'Afrique, le bilan s'établit comme suit : sur cinquante trois pays qui constituent le continent, de 1960 à 2008, quarante sept ont vécu un ou plusieurs moments de rupture brutale de la paix. Le tableau suivant nous illustre cela.
On constate que les Etats francophones sont plus affectés par les changements de régimes politiques qui utilisent la force et les violations des libertés individuelles comme mode d’accès au pouvoir. Quarante cinq coups d'Etat sur soixante quatorze ont eu lieu en cinquante ans d'indépendance. Et nous ne comptons pas les longs règnes de partis uniques comme des coups d'Etat permanents.
Les pays anglophones quant à eux, sont caractérisés par une prédominance des rebellions et des conflits armés. (11/18).
Les principales causes des ruptures de paix en Afrique peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs. Sont de ceux là, le traumatisme de la colonisation et de la décolonisation avec l'exploitation politique des différences tribales. On retient aussi les ingérences politiques internationales, militaires ou humanitaires ; le poids exorbitant de l'armée dans les Etats africains ; les ressources naturelles que les Etats africains se sont appropriées de façon monopolistique ; les conceptions traditionnelles et tropicalisées de l'Etat et de la République ; le protectionnisme des zones d'influence des anciennes puissances coloniales et la médiocrité des élites qui refusent de sortir des sociétés magiques et obscurantistes.
Toutes ces causes conduisent à la violation des droits de la propriété des africains, à la négation de leurs libertés individuelles et à l'absence de libre échange qui sont pourtant les trois piliers de la paix, comme nous l’avons déjà souligné. Le continent africain attend encore "les Lumières".
Nous pouvons comparer les pays africains par groupe selon le type de rupture de la paix. A l’instar du critère linguistique, les variables économiques montrent aussi la concentration des coups d’Etat dans la zone d'utilisation du franc CFA. Les pays membres de cette zone ont connu 17 coups d'Etat sur les 45 en Uemoa et 11 sur 45 en Afrique centrale.
Les pays francophones dominent les pays anglophones et les autres Etats en termes de guerres civiles et tribales.
On constate également une prédominance des coups d’Etat dans les pays francophones : 61% sur la période 1960-2008 contre 26% dans les pays anglophones et 13% dans les autres pays.
Les rebellions et conflits armés sont eux une caractéristique des pays anglophones avec 61%.
Ce dernier tableau montre que, sur le continent africain, les coups d’Etat sont prépondérants puisqu’ils représentent 68% de l’ensemble des cas de rupture de la paix. Ils sont immédiatement suivis par les rébellions 17%, et les guerres civiles ou tribales 16%.
Les élites africaines, installées dans les carcans des sociétés tropicalisées, traditionnelles et encore fermées aux Lumières se battent en permanence pour le pouvoir d'Etat. Cette rupture chronique avec la paix affaiblit les Etats comme le met en évidence l'indice de défaillance des Etats (Failed State Index), calculé et publié par la revue "Foreign Policy", en collaboration avec l'organisation à but non lucratif "Fund for Peace", toutes deux basées à Washington DC.
L'indice de défaillance des Etats, depuis ces dix dernières années, est calculé à partir de 12 indicateurs sociaux, politiques, économiques, sécuritaires et militaires. Avec ces indicateurs, chaque pays reçoit un score allant de 0 pour les Etats stables et en paix, jusqu'à 10 pour les Etats instables et défaillants. L’indice est obtenu par l’addition des différents scores. Il permet ainsi de ranger les pays sur une échelle de 0 à 120.
Les pays stables bénéficiant d’une situation de paix durable ont un indice de moins de 29,9. (Ce sont les pays en vert dans le tableau suivant).
Les pays situés entre 30 et 59,9 bénéficient d’une stabilité et d’une paix modérées. Ils ont une situation dite sous contrôle. (En jaune).
Les pays en situation inquiétante et faisant l'objet d'avertissement ont des indices compris entre 60 et 89,9. (En orange).
Enfin, les pays en alerte ont un indice situé entre 90 et 120. L’Etat y est pratiquement inexistant. (En rouge),
Sur la base de ces éléments, l'indice de 2009 permet de classer 177 Etats du monde, des plus risqués aux moins risqués. On y découvre que 60 Etats sur 177 sont défaillants. Parmi ces 60 Etats, 30 sont ceux de pays africains, en majorité francophones (14/30) soit (47%), là où les anglophones ne sont que (9/30), soit 30% et les autres (7/30), soit (23%).
Les pays africains bénéficiant d'Etats plus stables sont le Ghana 124ième, le Botswana 116ième, l'Afrique du Sud 122ième et la Namibie 96ième.
Pour mémoire retenons que la Norvège est 177ième du classement tandis que la Somalie est le premier des Etats défaillants. Le Zimbabwe est 2ième, le Soudan 3ième, la RDC 5ième, la Guinée Conakry 9ième et la Côte d'Ivoire est classée 11ième, le Niger 23ième, le Burkina 35ième et le Sénégal 102ième.
L’analyse ne peut qu’accabler les élites africaines, incapables de construire des Etats stables et modernes. Ce sont donc elles qui briment les libertés individuelles, la propriété et le libre échange sur le continent. Il en résulte un état avancé de pauvreté, d’injustices chroniques et de guerres. Au lieu de la paix nous cultivons les germes des conflits.
Au sein de l'UEMOA, quatre pays sur huit (4/8) sont dans la zone d'alerte (Côte d'Ivoire, Niger, Burkina et la Guinée Bissau) tandis que les quatre autres sont dans la zone d'avertissement (Sénégal, Mali, Togo et le Bénin). Dans ces pays de l'UEMOA, les analystes de l'indice attribuent la défaillance des Etats au fait que la population augmente vite dans une dynamique économique lente et inégalitaire. Ils précisent aussi que dans ces pays, l'Etat est le premier des criminels avec ses services publics et ses infrastructures dégradés. Ces Etats sont aussi affaiblis par l'influence de divers types d'ingérences étrangères intempestives.
Au sein de la CEMAC, quatre pays sur six sont dans la zone d'alerte rouge. Il s'agit du Tchad (4ième), de la RCA (8ième), du Cameroun (26ième) et du Congo (30ième). Le Gabon et la Guinée Equatoriale sont dans la zone d'avertissement. Ici aussi, en plus des variables explicatives habituelles, il y a les conséquences de mouvements massifs de réfugiés qui s'ajoutent aux effets pervers des appareils sécuritaires des Etats eux-mêmes.
En définitive, les Etats, bien qu’incapables de répondre aux attentes des populations continuent à étendre leur hégémonie. Leur défaillance n’empêche pas les élites de demander des reformes en faveur du renforcement de l'économie administrée par leur bons soins. Ainsi, la suprématie des Etats évince les populations de la propriété plurielle et concentre les pouvoirs dans les mains de quelques uns, situation qui ravive les convoitises, les tensions et les conflits.
Pour illustrer cette hégémonie des Etats africains, utilisons les indices de liberté économique publiés chaque année par le "Wall Street Journal" et la "Héritage Foundation"(http://www.heritage.org/index).
Cet indice utilise dix indicateurs qui mesurent aussi bien la liberté d'échange et la situation des droits de propriété que celles de la corruption, de la liberté d'embauche et de licenciement. La taille de l'Etat, les facilités monétaires et financières, la fiscalité incitative et les opportunités d'investissement sont aussi prises en compte. L'indice calculé sur ces variables permet de classer les économies des plus libres (les premiers) aux plus réprimées (179ième).
Les scores varient de 0 à 100 selon les catégories suivantes de pays :
(0 - 49,9) → Les économies sont réprimées.
(50 - 59,9) → Les économies ne sont pas libres.
(60 - 69,9) → Les économies sont modérément libres.
(70 - 79,9) → Les économies sont plutôt Libres.
(80 - 100) → Les libertés économiques sont respectées.
En 2009, Hong Kong est première avec indice de 90. Les Etats-Unis sont 6ème là où la France est classée 64ème avec un indice de 63,3.
L'Afrique du Sud est 61ème tandis que le Burkina est 85ème et la Côte d'Ivoire est 119ème sur 177.
Par groupe de pays nous avons les résultats suivants :
D’évidence, les économies africaines ne sont pas libres. Les anglophones sont relativement mieux placés que les francophones.
Il est important de souligner que le manque de liberté pour ces économies se manifeste par un indice accablant du droit de propriété oscillant entre (25,5 et 30,5). Le constat est identique pour la corruption. La répression financière, quant à elle, dans un semblant de liberté monétaire, étouffe le cadre des affaires et de l'emploi.
Si l’on rapproche les données ci dessus concernant les conflits à celles concernant les libertés économiques, on constate une corrélation entre le manque de liberté et l’importance des conflits. La paix et la justice ne peuvent donc s'obtenir sans contexte de liberté pour les populations, sans propriété privée et sans libre échange.
L’ECONOMIE DE LA PAIX
Comme le montre notre exposé, la paix et l'économie se supportent mutuellement. Mais, au commencement ce sont les libertés économiques qui, par la reconnaissance des droits de la propriété et du libre échange créent les conditions d'une interaction sociale paisible et juste. Cette vie sociale, à son tour, stimule les libertés politiques et les stabilisent pour en faire le socle de la pérennité de la paix. Les libertés économiques et politiques construisent la paix des nations.
Comparés aux coups d'Etat et aux rebellions, le droit de vote, le multipartisme, les élections libres et transparentes sont de biens meilleurs moyens d'accession et de départ du pouvoir. Cependant, un bulletin de vote ne peut à lui seul garantir la paix. Les populations qui votent ne choisissent pas seulement un homme dont le portrait est exhibé sur des "tee-shirts" gracieusement distribués. Elles votent essentiellement pour des programmes conduisant à la liberté d'accès à la propriété, assortie des garanties juridiques nécessaires à sa protection. Le respect et la promotion des libertés individuelles sont également au centre de l’intérêt des populations lors des échéances électorales. La liberté de vendre sa propriété et sa récolte celle de se déplacer pour aller s'installer ailleurs, de changer d'emploi ou de s'installer à son propre compte, de déplacer des marchandises pour les vendre là où elles rapporteraient plus, comptent plus, qu'un simple bulletin de vote.
Les pays les plus libres économiquement produisent plus facilement la croissance et la prospérité que les pays qui limitent les libertés économiques. Cette relation est d’ailleurs indépendante du degré de liberté politique. Les pays ont tendance à devenir démocratique lorsque les libertés économiques lèvent les barrières qui s'opposent à la prospérité et à l'enrichissement des populations.
Les effets de la liberté politique sur les performances des économies sont faibles. En effet, les résultats économiques sous les régimes totalitaires peuvent être plus variables et plus instables que ceux obtenus dans les démocraties libérales. Cependant, en moyenne, l'écart au niveau des progrès économiques n’est pas fondamentalement différent entre les régimes totalitaires et ceux démocratiques.
Par contre lorsque les libertés économiques sont promues les populations deviennent des propriétaires d'une part plus importante du patrimoine national au dépens des Etats. Avec des marchés ouverts et libres, des facilités de création et de disparition des entreprises, la libre mobilité des travailleurs, des investisseurs et des hommes d'affaires qui vont à la recherche de meilleurs employeurs, de meilleurs fournisseurs et de bons clients, la société bouge et exprime une demande plus saine de libertés politiques. Ces libertés politiques conduisent à limiter le rôle de l’Etat à sa mission de service public.
Les populations accèdent ainsi, plus facilement, à l'école et à l'éducation, s'ouvrent sur les expériences étrangères, élargissent leur champs d’analyse, comprennent mieux le sens de la démocratie et organisent leurs idées et actions pour protéger et défendre leurs intérêts économiques contre tout genre de prédateurs. Ainsi, les libertés économiques conduisent plus vite à la paix que les libertés politiques. Nous savons certes que les régimes politiques et les modes de scrutins comptent dans la stabilité des démocraties mais le résultat est lent et incertain.
Par contre, la propriété plurielle des moyens de production et le libre échange conduisent rapidement à la croissance économique. Cette évolution stimule et encourage les transitions politiques à aller à la démocratie de façon stable.
Une paix durable s’installe alors plus facilement. Tels sont aujourd'hui les enseignements de l'économie sur la compréhension de la paix.
La paix est le résultat d'échanges entre personnes libres. « Pour faire la paix, comme le dit Aristide Briand, il faut être deux : soi même et le voisin d'en face ».
Lorsqu'une économie encourage l'ordre marchand de l'échange libre dans un Etat de droit, la violence et la coercition cèdent la place à la paix. Les libertés et les échanges sont les ferments qui assurent que l'Etat de droit conduira à la paix.
Si l'Etat s'approprie le patrimoine des populations, il y a spoliation de la propriété et la tentation devient alors grande pour toutes les bandes organisées, armées ou pas, de faire mains basses sur ce patrimoine et profiter des revenus qu'il va générer. Les rentes attisent les convoitises et, en l'absence de libre échange, elles entraînent des conflits armés et compromettent la paix. Toute expropriation des populations conduit à la guerre civile sur fond d'ethnicisme et de tribalisme. Les chercheurs de rentes sont dangereux pour la paix.
Toute politique protectionniste génère des crises potentielles entre Etats alors que le libre échange est le terreau de la paix internationale. Les Etats claustrés dans des législations protégeant leurs marchés des risques du libre échange affaiblissent leurs populations et deviennent des proies faciles. Ce sont des peuples libres et non des Etats prédateurs qui peuvent redessiner l’avenir de la paix sur le continent africain.
Au lendemain des processus de sortie de crise en Afrique, les intellectuels oublient de prendre leur place. Ils se détournent, avec leur foi humaine et leur clairvoyance impitoyable, de leur devoir de rappeler à tous, les règles d'équité et de sagesse dont le mépris livre les hommes au règne de la force brutale et de la ruse sournoise, c'est-à-dire à la fatalité de la guerre.
Les politiques économiques autoritaires, restrictives, autarciques et planifiées ont montré leurs limites. La voie de la paix en Afrique passera inexorablement par l'économie de marché.
Seules des politiques économiques audacieuses et ouvertes sortiront le continent du carcan qui l’enserre dans la pauvreté et les conflits qui s’ensuivent.
L'économie de la liberté est la voie de la démocratie sur laquelle repose la paix.
Comme le dit W Shakespeare, dans la tragédie de Cymbeline : « La paix et l'abondance engendrent les lâches ; la nécessité fut toujours mère de l'audace. » Pour vivre en paix nous devons être libres. Et pour être libre il n'y a que l'audace pour nous guider.
AFRIQUE, OSER UNE NOUVELLE VOIE. Acte du colloque panafricain
Le pessimisme semble être le mal chronique qui écrase le continent africain. Tout est fait pour casser l’élan, l’audace, le rêve, inciter au scepticisme, voire au cynisme alors qu’il faudrait insuffler force et confiance à l’Afrique. Alors que depuis des décennies, les politiques imposées au continent ont été des échecs, l’objectif du colloque Afrique – Oser une nouvelle voie, organisé à Abidjan le 17 juin 2009, a été de proposer de nouvelles voies de développement pour le continent. Cette rencontre apolitique placée sous le sceau des idées a réuni des intellectuels audacieux abordant sans tabou les causes structurelles de la pauvreté en Afrique en suggérant des solutions pertinentes et la vision d’un avenir meilleurs.
On collaboré : François NDENGWE, Paul Koffi KOFFI, Mamadou KOULIBALY, Nataniel OLYMPIO, Gisèle DUTHEUIL, Claude Franck ABOUT, Désiré MANDILOU.
Sous la direction de Gisèle Dutheuil et Mamadou Koulibaly, Afrique : Oser une nouvelle voie, coll. Afrique Liberté, éd. L’Harmattan, Paris, 2009. ISBN : 978-2-296-10510-2. – 14,00 €
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LA SOUVERAINETE MONETAIRE DES PAYS AFRICAINS
Alors que les constitutions africaines proclament la souveraineté de leurs Etats et de leurs peuples, dans les faits, aucun d’entre eux ne décide de manière souveraine de sa politique économique. Ils demeurent soumis à la prééminence des contraintes venues de l’extérieur. Or, l’Etat souverain est indépendant par opposition aux colonies ou aux protectorats. Les aberrations du système actuel conduisent à des conséquences déconcertantes économiquement telles que des banques accumulent des surliquidités sur des marchés où les entreprises privées et les particuliers manquent d’accès au crédit et où les Etats trouvent facilement financement.
Le professeur Mamadou KOULIBALY, économiste et président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire, en appelle à la prise de conscience des élites et des peuples d’Afrique et apporte sans détour une solution à l’équation qui lie souveraineté monétaire et développement. Aussi, soutient-il que le préalable nécessaire à toute voie de progrès est l’instauration d’un cadre institutionnel nouveau. Le régime parlementaire serait le mieux adapté en Afrique. Il se fonde sur le fait que le régime parlementaire a largement montré ses limites en dérivant trop souvent vers la dictature, la tyrannie et l’autocratie fondées sur le tribalisme, les coups d’Etat et les rebellions.
Mamadou Koulibaly, La souveraineté monétaire des pays africains, coll. Afrique Liberté, éd. L’Harmattan, Paris, 2009. ISBN : 978-2-296-10518-8. – 10,50 €
COMMUNIQUE DE AHVI A PROPOS DE LA CRISE
EN REPUBLIQUE DE GUINEE-CONAKRY
Africa Human Voice International (AHVI) présente ses compliments à tous les Etats, félicite et remercie vivement toutes les Institutions et Organisations internationales qui s'émeuvent et se mobilisent en faveur des populations guinéennes confrontées à une situation politique dramatique et inacceptable en République de Guinée-Conakry.
AHVI dénonce toute prise de pouvoir par la violence, de même qu'elle condamne les exactions et massacres humains commis à l'égard du peuple guinéen par les autorités de fait de la République de Guinée.
Cependant, AHVI souhaiterait que toutes les populations africaines confrontées aux mêmes situations bénéficient de cette même mobilisation internationale. Le traitement à deux vitesses des situations similaires de la part des Etats et des Institutions internationales sèmerait le doute dans l'esprit des peuples martyrisés, et ne serait donc pas de nature à instaurer ou restaurer la confiance avec les peuples africains.
Par ailleurs, AHVI fait remarquer que des cas similaires et sans doute plus graves par l’ampleur du nombre des victimes se sont déjà produits en Afrique, par exemple au Congo-Brazzaville (1997-2004), au Togo, en Côte d'Ivoire, en Guinée-Bissau, etc., où la Communauté internationale s'est tue, ne s'est jamais mobilisée autant, comme aujourd'hui pour le cas de la Guinée. Devant de telles situations, il ne saurait y avoir deux poids et deux mesures selon que les uns ou les autres sont portés ou non au pouvoir par quelque Etat européen et, de ce fait, jouiraient d'un traitement de faveur.
De la même manière que les responsables de crimes en Guinée doivent être poursuivis devant les juridictions internationales, de la même manière tous ceux qui ont commis les mêmes exactions et crimes contre l'humanité doivent également être traduits devant la Justice internationale. Nul ne doit être protégé, mis à l'abri et soutenu au nom des intérêts particuliers par un Etat tiers, occidental fut-il.
De ce fait, AHVI s'insurge contre le fait que, dans le cas précis de la Guinée, la médiation soit assurée, semble-t-il, par des personnalités de moralité peu recommandable, comme ce fut le cas de la Côte d'Ivoire avec la médiation de Sassou-Nguesso, lui-même sous protection très active de la France (Cf. : www.mediapart.fr/), Mot-clé : sassou-nguesso.
L'ONU, l'UE, l'UA, et notamment la France, devraient faire preuve d'intelligence en renonçant à la protection et au soutien des dictateurs et criminels africains que parfois elles ont pris le soin d'installer au pouvoir et qu'elles couvrent par tous les moyens, d'une manière ou d'une autre.
Strasbourg, le 16 octobre 2009
Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA
Secrétaire Général
Secrétariat Général : 40, rue de Rahling – F-67430 Butten (France). – E-mail : asso.ahvi@gmail.com
Siège Social : AFRICA HUMAN VOICE INTERNATIONAL - Organisation Non Gouvernementale à but non lucratif
P.O. Box 35022 - Stn Kingston Ctr. - KINGSTON, ON K7L 5S5 - CANADA
E-mail : asso.ahvi@gmail.com - Website : http://www.africa-humanvoice.org/afrique
Me revoilà sur Vox, après quelques mois d'absence...... Sur le peu de temps de libre que me laisse mon travail. J'ai sauté à mes pieds joints dans ma passion: l'image ,la création.Ce qui m'a amené à isoler un peu du monde turbulent. Donc voilà le travail sur toiles qui a abouti. Ce sont des peintures dont j'avais dèjà fait l'ébauche en collage "simple", sur carton, papier photo. Sur toile et avec la peinture c'est un autre combat contre la matière. Le processus est beaucoup plus physique et long. Donc voilà le début d'une longue serie qui débute.......pour longtemps j'espère......
Titre de l'oeuvre :
La force de l'ange gardien.
120m x 80 cm
Matérieux: Peinture, photos,colle naturelle,
perles, fil de péche.
Vision onirique de mon ange gardien, le poing levé il me rappelle à moi même de ne pas sombrer, de braver le réel, d'éviter l'autodescrution. Il me rappelle de rester debout comme lui.
Il dissimule hors champ le chaos mental,l'atrocité du monde qui l'entoure. Son corps est badigonné du sang des combats menés lors de mes effrondrements moraux, des accidents du réel.
Il est Africain, issue d'une Afrique disparue, vierge de modernié, vierge de progrès, vierge de monothéisme, et vierge de ravageux conflits d'interets.
Une couronne de couleurs assoient sa réalité physique, réalité physique sortie de la luttes de mes émotions brunes, jaunes, rouges et vertes qui l'entourent et l'assaillent sans le déséquilibrer.
Il se tient sur le sol de mes déssilusions, pour mieux les emprisonner et me permettre ainsi de continuer à chercher les visions de ce qui se cache dérriére l'appparance de la réalité de ma vie.
Il me permet de creuser, poursuivre le chemin.
Titre de l'oeuvre:
Ataraxie Opiacée. 120cmx80cm.
Matériaux: Peinture, photos, colle naturelle.
Isolés du monde, deux personnes assises,
dans une salle enfummée de voluptes
opiacées, utilisent un appareillage mysterieux permettant de tirer le poison exquis d'un bulbe d'opium. Une visiere transcrit les désirs de l'usager.
Des enfants en apesanteur actionnent les nanivelles permettant de torreffier le nectar noir qui s'enflamme aux contact d'un système nerveux instafistait du non-sens de la réalité.
Le Rite de la Fumée débute lorque les flammes entrent en combustion aux moyens de fantasmes inassouvies et de désillusions accumulées depuis le placenta maternel. (Il est à noté qu'il n'est pas rare, en présence d'une fenêtre, qu'un lache s'échappe de ces flammes, préferant retrouver l'anonymat de la rue, plutôt que d'affronter ses rêves les plus bizarres.)
L'ataraxie débute lorsque vous percevrez le parfum d'un escalve des anciennes colonies (géneralement d'Afrique). L'esclave apparu à votre vision, il vous affranchira de notre condition rationelle dès qu'il s'appuyera sur une masse pour actionner le piston d'une seringue composé d'un mélange de sang d'une chévre, de lait maternel et de Laudamum.
A ce moment, l'usager peut visualer une interpénétration absolue qui composent la plénitude de la satisfaction intellectuelle, qui envahira la piéce fermée ( il est utile de refermer la fenêtre après la défénestration du suicidé courageux.)
Conseil: Deux anges shitteux pudiques sont nécessaires, pour garder la piéce dans les conditions du rite dit de la Fumée à température voulue. Pour cela ils souffleront constament une fumée de leurs joints, permettant ainsi une bone combustion des terminaisons nerveuses oniriques
Pour vérifier si vous avez atteint par ce rite, l'Atarxie Opiacée, le symbole de la main coupée devra apparaître.
Ainsi comme le souligne, Louis Laloy dans son livre Le Livre de la Fumée:
«Par le rite de la fumerie, nos péchés seront remis, nos souillures lavées, l’état de grâce nous sera rendu.»Louis Laloy,Le Livre de la fumée,Paris:Dorbon-Ainé,1913 Djamel Saidi, le 13 Octobre 2009
Titre:
A QUELQUES SECONDES DE LA MORT...
120cm x 80cm
Matériaux:peinture, photos,colle naturelle,
fils électriques.
Ce rêve revient parfois à moi, celui de me voir quelques instants avant la fin de ma vie: ma mort.Le tabou de la mort, beaucoup préferant laisser paraître un semblant d'immortalité, nous préferons nier la mort, Pour ma part il est préferable d'explorer ses peurs pour mieux la dominer. Depuis l'enfance cet « évenement » m'interpelle.
Dur de l'imaginer, Je ne percois q'une infime partie de la chose, un déséquilibre mental effrayant, ou la raison se perd dans un tourbillon sans fin. Le vide?? Une autre forme de consciene???
L'energie electrique abolisant la différence entre la nuit et le jour, symbole de la frontiere entre la mort et la vie, le temps et l'espace.
Le passé et le présent se conjuguent pour un bilan nostalgique, l'enfance bien entendu. La question qui vient à l'esprit est: Que reste il ?? que reste t'il des vies de jadis, comme ces simples combattants oubliés de je ne sais plus quelle guerre......
La mort a fini par dissoudre tout cela en poussieres nuageuses. Tout fini ecrasé, broyé à la casse de l'histoire, comme une vielle bagnole.
Evidence de la mort , comme cette chaise électrique placée sur l'Oeil du cyclone des évenement accidentelles de la vie, prét à sombrer dans un espace temps, indefinissable. Seul deux mystiques présents à cet instant, peuvent comprendre la fin d'une chose impensable: celle de notre propre vie. Mais l'absence de visages de ces mysthiques nous rappelle la neutralité implaccable de la mort.
Titre de l'oeuvre :
DOUBLE PORTAIT
120cm x 80 cm
Matériaux: Peinture, photo, encre,
colle naturelle.
Ce tableau représentant un double portrait, me vient d'une étrange émotion. Vous avez du déjà vivre ce genre d'expérience, à force de se ragarder dans un miroir, une étrange impression d'étrangeté se dégage de notre image.
La ressemblance est flagrante, mais la perception de plus en plus en forte d'une autre identité nait. Et si je n'étais pas moi même, et si la femme était un homme? Et l'homme une femme? Dualité.
Pourquoi posséde ton tel aspect, Est ce que le passage du temps scuplte sur notre apparence physique notre identité intérieure?? L'image d'un visage est tout un univers, qui nous raméne toujours vers nous même , l'autre est le miroir de moi même.
Sysmétrie de soi et de son reflet, sur l'axe du temps..........
Djamel Saidi, le 13 Octobre 2009
REGARD SUR LE NOUVEAU GOUVERNEMENT
DU CONGO-BRAZZAVILLE (Cuvée septembre 2009)
Le 15 septembre 2009, M. Sassou Nguesso Denis a rendu public la composition de son énième gouvernement de fait. Il est de fait parce qu’il émane :
- D’un système et un régime venus d’ailleurs et imposés à la nation congolaise par la violence, des coups d’Etat à répétition et dont les commanditaires sont hors du Congo ;
- D’un régime mis en place par l’étranger grâce à l’affranchi françafricain qui, tout au long de sa vie, n’a respecté aucune des Constitutions de la République, y compris les siennes propres, même taillées sur mesure ;
- D’un système qui n’a jamais survécu que par des fraudes électorales massives, la dictature, les crimes de sang, les crimes contre l’humanité, etc. Sur ce point, la France aura des comptes à rendre à l’Afrique, tôt ou tard et d’une manière ou d’une autre.
Ce nouveau gouvernement, qu’on avait annoncé resserré, est somme toute pléthorique : 38 ministres, si l’on y ajoute le ministre d’Etat, directeur de Cabinet de l’auto-élu. Ce qui n’est certainement pas bon signe pour un pays qui aspire au statut de PPTE.
En effet, dans son discours d’investiture à sa prestation de serment, M. Sassou Nguesso Denis a énuméré les maux qui rongent son système et dénoncé les dérives maffieuses de son régime (corruption, détournement de fonds à tour de bras, absence de toute probité morale, incompétence, etc.).
Bref, tout y est, tous les maux qu’on peut reprocher à un système barbare. Mais, espérons toutefois que cette fois-ci, il a déniché les perles rares et mis la main sur la bonne graine. Sauf que, comme dit l’adage, le poisson pourrit toujours par la tête.
Si les principaux barons ont gardé ou renforcé leurs positions (Mvouba, Moussa, Okombi Salissa, etc.), quelques menus fretins et baron du système (comme Mme Dambenze), ont sauté. Ils ont quitté le navire, virés, contre leur gré. Ont-ils été victimes d’une cabale machiavélique ou font-ils partie des indélicats, des corrompus et/ou des incompétents indexés dans le discours du 14 août dernier ?
Le Constat
Qu’à cela ne tienne, le premier constat est que le gouvernement, cuvée septembre 2009, souffre de plusieurs anomalies. Sont-elles congénitales ?
L’une des anomalies, et certainement la plus loufoque, est celle qui donne naissance à un ministère énigmatique que d’aucuns pourraient qualifier de « ministère des portages de valises », c’est-à-dire ministère des détournements, des blanchiments d’argent et autres trafics en tous genres, d’autant plus qu’il n’est rattaché à aucun des pôles créés, sinon à lui-même Sassou Nguesso Denis.
Ce ministère, serait-il celui qui est en charge des relations avec les paradis fiscaux ?
Y aurait-il des domaines économiques spécifiques que le pôle économique de M. Pierre Moussa ne pourra ni traiter, ni contrôler ? Lesquels ?
On aimerait bien savoir à quoi sert ou à quoi rime cette création du ministère « des affaires économiques spéciales », à l’instar des Services spéciaux ?
Il est à noter aussi que le ministère de la défense est confié à un civil, philosophe de son état, et placé sous la gestion directe de M. Denis Sassou Nguesso. Son titulaire n’est que le fusible de l’autre.
Le deuxième constat, au regard de la composition de cette équipe gouvernementale, est la création des pôles confiés à des Super Grands ministres. Ici, Sassou Nguesso Denis aurait mieux fait de s’arrêter là et de ne s’en tenir qu’à ces cinq ministères clés à pôles. Dans ces conditions, il aurait été mieux inspiré, avec ces pôles, de transformer tous les autres petits ministères en Grandes Directions Générales, à moins que le non-dit soit bien cela et qui est bien camouflé sous le vocable de « ministre de… » ou de « ministre délégué chargé de… ».
D’une part, les cinq super-grands ministères, même à ce niveau, ne sont pas tous lotis à la même enseigne. On semble y noter quelques discriminations. En effet, quoique Numéro Un du gouvernement, après avoir perdu son titre virtuel de Premier ministre somme toute inconstitutionnel – M. Sassou Nguesso Denis nous a-t-il entendus et écoutés ? –, le plus lésé de tous dans l’attribution des pôles quant à la répartition des départements à superviser, coordonner et contrôler, car c’est bien de cela qu’il s’agit, est M. Isidore Mvouba. Il n’a tout au plus que quatre ou cinq ministères sous sa botte dont l’un, celui de M. Thierry Moungalla, est à partager avec M. Pierre Moussa, en plus de Mme Claudine Mounari, encore que…
Ainsi, M. Thierry Moungalla est sous la supervision d’au moins deux super grands ministères. Il en est de même pour :
- M. Claude Alphonse Nsilou, sous contrôle conjoint de MM. Mvouba et Moussa ;
- M. Mathieu Martial Kani, sous contrôle conjoint de MM. Moussa et Yoka ;
- Mme Emilienne Raoul , sous contrôle conjoint de MM. Yoka et Tsiba ;
- Mme Claudine Mounari, sous contrôle conjoint de MM. Mvouba et Moussa ;
- Le cas de M. Charles Zacharie Bowao, ministre de la défense, que nous avons placé sous le contrôle de M. Yoka, est quelque peu virtuel, car c’est M. Denis Sassou Nguesso qui a plus d’emprise sur lui que celui qui aurait pu être son conducator.
Il y en a certainement beaucoup d’autres dans cette situation.
D’autre part, dans ce nouveau gouvernement, le plus grand des super grands ministres, c’est M. Pierre Moussa. M. Sassou Nguesso Denis a pris le soin de le camoufler et de ne le classer qu’en deuxième position dans l’ordre protocolaire de la liste pour, certainement, ne pas susciter des jalousies. En effet, à lui seul, M. Pierre Moussa totalise au moins quinze ministères à superviser.
Le second bénéficiaire de la diversion est M. Florent Tsiba avec au moins onze ministres sous sa botte, suivi de M. Aimé Emmanuel Yoka avec huit ministères sous son contrôle. Notons que les départements ministériels sous la coupe de M. Yoka ne sont pas des moindres. Il est le ministre de la censure systémique et des embastillements. La souveraineté nationale, la liberté d’opinion et d’expression sont mises sous le boisseau.
Le quatrième et dernier, mal servi, est M. Isidore Mvouba qui ne totalise que quatre ministères à gérer. Mais on peut lui adjoindre (contrôle partagé) Mme Claudine Mounari, vu la complexité de la duplicité du géniteur de ce gouvernement, à savoir : M. Sassou Nguesso Denis.
Le dernier, M. Rodolphe Adada, quoique ministre d’Etat, n’a pas de pôle. Ainsi l’avons-nous classé sous la coordination de M. Pierre Moussa.
M. Adada paraît ici comme un électron libre qui n’a de compte à rendre qu’à Sassou Nguesso Denis lui-même, directement. Ce qui est normal. Ce département ministériel n’est ni à minimiser, ni à sous-estimer. Il est l’un de ceux qui, à l’instar de celui des hydrocarbures, génèrent beaucoup d’argent. Raison pour laquelle il n’est rattaché à aucun des quatre pôles, sinon au président lui-même. Mais, il est aussi celui qui va délivrer les autorisations de création des entreprises privées des Congolais et des étrangers. Il est celui qui va attirer les opérateurs économiques, les investisseurs, les industriels étrangers dans le pays. Quitte à les sélectionner (ségrégation). Avec lui, la Françafrique ne peut que s’estimer heureuse ; elle n’a plus rien à craindre. Elle est rassurée.
Tout compte fait, il y a lieu de considérer les quatre responsables des pôles comme des Vice-présidents déguisés, étant donnés que la constitution en cours ne prévoit ni de poste de premier ministre, ni celui de vice-président. Mais, en dépit de l’ordre protocolaire sur le papier, le vrai patron de tous, après M. Sassou Nguesso Denis, c’est M. Aimé Emmanuel Yoka, secondé par M. Pierre Moussa, malgré le fait qu’il ait plus de ministres que d’autres sous sa responsabilité. Car la souveraineté ne saurait être au-dessous de tous les autres après le Gourou-Cobra-Suprême.
Et puis, on reprend les mêmes et on recommence !
Enfin, en résumé, conformément à sa Constitution, du moins en ce qui concerne la primature, M. Sassou Nguesso Denis a supprimé le poste de Premier ministre et repris tous ses pouvoirs. Ainsi, pouvons-nous lui établir ses prérogatives comme suit :
- Président de la République, chef de l’Etat : SASSOU
- Premier ministre : NGUESSO
- Ministre de la Défense : DENIS sous couvert de M. Charles Zacharie BOWAO ;
- Ministre chargé des relations avec les paradis fiscaux : SASSOU NGUESSO DENIS sous couvert de M. Alain AKOUALA ATIPAULT.
Il faut bien rendre à César ce qui est à César !
Aux experts et autres politologues de mieux nous décortiquer ce kaléidoscope où tout est imbriqué, au risque de ne plus savoir qui est sous le contrôle de qui et qui ne l’est pas, en dehors de M. Sassou Nguesso Denis lui-même.
Jean-Paul KIMPA-BIKENDA KELANDENZI
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ANNEXE :
Composition du gouvernement du 15 septembre 2009 :
1- Ministre d’Etat, coordonnateur du pôle des infrastructures de base, ministre des transports, de l’aviation civile et de la marine marchande : M. Isidore Mvouba
2- Ministre d’Etat, coordonnateur du pôle économique, ministre de l’économie, du plan, de l’aménagement du territoire et de l’intégration : M. Pierre Moussa
3- Ministre d’Etat, coordonnateur du pôle de la souveraineté, garde des sceaux, ministre de la justice et des droits humains : M. Aimé Emmanuel Yoka
4- Ministre d’Etat, coordonnateur du pôle socioculturel, ministre du travail et de la sécurité sociale : M. Florent Tsiba
5- Ministre d’Etat, ministre du développement industriel et de la promotion du secteur privé : M. Rodolphe Adada
6- Ministre des finances, du budget et du portefeuille public : M. Gilbert Ondongo
7- Ministre des affaires étrangères et de la coopération : M. Basile Ikouébé
8- Ministre de l’intérieur et de la décentralisation : M. Raymond Zéphyrin Mboulou
9- Ministre des mines et de la géologie : M. Pierre Oba
10- Ministre du développement durable, de l’économie forestière et de l’environnement : M. Henri Djombo
11- Ministre de la fonction publique et de la réforme de l’Etat : M. Guy Brice Parfait Kolelas
12- Ministre de l’équipement et des travaux publics : M. Emile Ouosso
13- Ministre de la construction, de l’urbanisme et de l’habitat : M. Claude Alphonse Nsilou
14- Ministre de l’agriculture et de l’élevage : M. Rigobert Maboundou
15- Ministre à la présidence chargé de la défense nationale : M. Charles Zacharie Bowao
16- Ministre des petites, moyennes entreprises et de l’artisanat : Mme Adélaïde Mougany
17- Ministre du commerce et des approvisionnements : Mme Claudine Mounari
18- Ministre de l’enseignement technique, professionnel, de la formation qualifiante et de l’emploi : M. André Okombi Salissa
19- Ministre de l’enseignement primaire, secondaire chargé de l’alphabétisation : Mme Rosalie Kama Niamayoua
20- Ministre de l’enseignement supérieur : M. Ange Antoine Abena
21- Ministre de la pêche et de l’aquaculture : M. Hellot Mampouya Matson
22- Ministre de la santé et de la population : M. Georges Moyen
23- Ministre de l’énergie et de l’hydraulique : M. Bruno Jean Richard Itoua
24- Ministre des hydrocarbures : M. André Raphaël Loemba
25- Ministre de la recherche scientifique : M. Henri Ossebi
26- Ministre de la culture et des arts : M. Jean Claude Gakosso
27- Ministre des affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité : Mme Emilienne Raoul
28- Ministre des sports et de l’éducation sportive : M. Jacques Yvon Ndolou
29- Ministre à la présidence chargé des zones économiques spéciales : M. Alain Akouala Atipault
30- Ministre des postes, des télécommunications et des nouvelles technologies de la communication : M. Thierry Moungalla
31- Ministre de l’industrie touristique et des loisirs : M. Mathieu Martial Kani
32- Ministre des affaires foncières et du domaine public : M. Pierre Mabiala
33- Ministre de la communication et des relations avec le parlement : M. Bienvenu Okiemy
34- Ministre de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement : Mme Jeanne Françoise Leckomba Loumeto-Pombo
35- Ministre de l’éducation civique et de la jeunesse : M. Zacharie Kimpomi
36- Ministre délégué auprès du ministre d’Etat, ministre des transports, de l’aviation civile et de la marine marchande, chargé de la marine marchande : M. Martin Parfait Aimé Coussoud Mavoungou
37- Ministre délégué auprès du ministre d’Etat, ministre de l’économie, du plan, de l’aménagement du territoire et de l’intégration, chargé de l’aménagement du territoire et de l’intégration : M. Josué Rodrigue Ngouonimba.
La corruption en Afrique : Ou le scandale africain de la France à la lumière du Congo-Brazzaville (140909)
Sous le titre « Film sur la corruption au Congo, sur Al Jazeera », le site Internet de Mwinda (http://ww.mwinda.org) a mis en ligne, le 9 septembre 2009, une diffusion de la chaîne de télévision AL JAZEERA sur les frasques et les turpitudes de Sassou Nguesso, président autoproclamé et auto-élu du Congo-Brazzaville dont voici les liens :
Première partie : http://www.youtube.com/watch?v=VpGU1hsuSpU
Deuxième partie : http://www.youtube.com/watch?v=8TcxdSbl0-E
http://english.aljazeera.net/programmes/peopleandpower/2009/09/20099912372175526.html
Rien n'est surprenant ni étonnant. La présence de Sassou Nguesso à la tête du Congo-Brazzaville est l'œuvre de la France. Un Français pure souche, M. Jean-François Probst[1], le prouve dans son livre "Chirac, mon ami de trente ans".
Avant lui, il y a eu notre très regretté François-Xavier Verschave et Xavier Harel, entre autres, qui ont mis le doigt sur la cupidité, l'avidité, la concussion et la férocité françaises en Afrique. C’est la politique de la CAVE (Cupidité, Avidité, Vecteurs Esclavagistes).
Que la saga Sassou Nguesso & Co soit répercutée par une chaîne arabophone, AL JAZEERA, est déjà un pas et un événement de taille. Ce n’est que la conséquence de la politique d’un Etat tiers qui a choisi et juré de ne jamais couper le cordon ombilical qui le lie à cette partie de l’Afrique. La France peut nier les faits. Qu’à cela ne tienne, c'est aussi son droit le plus absolu de les nier. Mais peut-elle mettre au défi et contredire M. Probst, témoin privilégié de ce crime ?
A moins que la France ait fait sienne ou qu’elle soit revenue à la vieille politique de l’ère des Compagnies concessionnaires, de sinistre mémoire. Déjà Total, un Etat dans l’Etat, est indexée en Birmanie, et ce n’est pas le seul pays qui fait les frais des pratiques de cette société anciennement appelée ELF. Ce sont les mêmes méthodes, les mêmes pratiques. Un individu peut changer de nom. Mais, changera-t-il pour autant sa nature ? Rien n’est moins sûr. ELFTOTALFINA n’est d’ailleurs pas la seule société française dans le collimateur, avec les mêmes méthodes, les mêmes pratiques, les mêmes comportements, les mêmes agissements, etc., à l’égard de leur vache à lait : l’Afrique.
Personne ne parlerait de cet homme (Sassou Nguesso), encore moins de toutes ses frasques (crimes de sang, vols, détournements de fonds publics, etc.) dénoncées dans le film, si la France qui ne s’est jamais débarrassée de son manteau, de sa nature et de son caractère, voire de ses pratiques et comportement toujours esclavagistes et colonialistes, n’était pas au centre de cette barbarie, de tous ces scandales. Elle est responsable et coupable. Aux Peuples africains de le savoir.
Les crimes de sang, les crimes économiques et financiers, sont donc avant tout les crimes de la France en Afrique. Sassou Nguesso n’est qu’un "GOUVERNEUR DELEGUE" local du territoire français du Moyen-Congo. Il est le bras armé et séculier de la France sur son pré carré.
Ainsi, pendant que les Français vont directement dans les paradis fiscaux pour y planquer leurs avoirs financiers (Suisse, Luxembourg, Autriche, etc.), pour les Africains de type Sassou Nguesso, le premier paradis fiscal c'est la France via ses banques (Crédit du Nord, BNP-Paribas, etc.) et autres Groupes militaro-industriels (Total, Bolloré par exemple, pour ne citer qu’eux) qui, eux, se chargent à leur tour de rediriger (blanchir) le fruit du pillage et de la mafia vers d'autres paradis fiscaux. Paris lave plus blanc. La France est une plaque tournante pour cette mafia de grande envergure en relation avec ses colonies. La France, pour les faillis africains et congolais en particulier, est le pilier de tous les kleptocrates, dictateurs et criminels africains au pouvoir. Pour preuve, c'est elle qui les y place, les y installe. Et quand ils ne sont plus d’aucun intérêt, soit parce qu’ils se rebiffent, soit parce qu’ils deviennent inefficaces, alors elle les « efface » pour les remplacer par d’autres.
Voici quelques cas :
- Le président Sankara est assassiné et remplacé par l’actuel président du Burkina.
- Bokassa est remplacé par un autre ancien président, David Dacko en Centrafrique.
- Fulbert Youlou est reversé et remplacé par Massamba-Débat, au Congo-Brazzaville.
- Massamba-Débat est renversé (assassiné plus tard par Sassou Nguesso en 1977) et remplacé par Marien Ngouabi (Congo-Brazzaville).
- Marien Ngouabi est assassiné et remplacé par Sassou Nguesso pendant deux semaines puis, par un tour de passe-passe, est remplacé par Yhombi-Opango, lui-même déposé et remplacé en 1979 par le même Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville).
- Lissouba est renversé par un coup d’Etat très sanglant et remplacé par le même Sassou Nguesso, en 1997.
- Le président Laurent Gbagbo a failli subir le même sort pour être remplacé par Alassane Ouattara, n’eût été la fierté, la vigilance et la mobilisation du Peuple ivoirien qui a défendu bec et ongles sa souveraineté et empêché ainsi ce scénario classique déjà rôdé et appliqué à d’autres pays comme ceux cités ci-dessus, à titre d’exemple.
Cette liste n’est pas exhaustive. Il y en a et il y en aura beaucoup d’autres, soit qui ont déjà subi, soit qui subiront demain les affres de l’Etat Françafrique, le même sort.
En Afrique francophone, quiconque aspire à devenir « Gouverneur délégué » (Président) de la Françafrique dans son pays ne peut y parvenir sans l’onction et la bénédiction de l’Etat françafricain dont le siège (Capitale) est à Paris[2]. De même, quiconque de ces « Gouverneurs délégués » en place ne se plie pas aux règles du Pacte colonial[3] de l’Etat Françafricain est débarqué, quand il n’est pas assassiné, et remplacé par un autre postulant. La demande est tellement nombreuse. Ainsi va la vie dans cet Etat mafieux de la Françafrique piloté depuis Paris.
Après, il ne faut pas parler de repentance, mais plutôt des bienfaits de l’esclavage et de la colonisation. Apres tout, n'est-ce pas Georges Clémenceau qui avait dit : "Une goutte de pétrole vaut bien une goutte de sang" ?
On a depuis longtemps remarqué que la France, pour des opérations dites "coup bas", n'envoie plus ses troupes officielles. Elle sous-traite, depuis des décennies, ses opérations comme les coups d'Etat. On a vu au Congo-Brazzaville la présence des Angolais, des Tchadiens, des gabonais, des Hutus-power, des mercenaires de diverses nationalités pour réinstaller SASSOU NGUESSO à la tête du Congo. Le Congo est un pays d'esclaves de la France. A leur tête, elle a placé un "AFFRANCHI". Or l'affranchi est toujours pire et plus dangereux que son maître.
Enfin, lorsqu’on s’adresse à la même France et qu’on lui demande de retirer, d’annihiler son "poison", elle vous répond : "Non ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat étranger. C’est une affaire qui ne regarde que les peuples des pays concernés". En clair, son message est : « Débrouillez-vous ! Cela ne me regarde pas tant que mes intérêts ne sont pas menacés »
Le paradoxe, c'est que quand on commence à se « débrouiller », à s’agiter et à s’organiser pour dégommer l'intrus, éradiquer le parasite inoculé par la France dans le pays, c'est la même France, qui se croit tout permis dans ces cas-là, qui dépêche des barbouzes de type JEAN-PAUL PIGASSE, BOURGI[4], GAUBERT, TOUBON (l’homme de l’Himalaya) etc., et autres troupes de substitution accompagnées de divers supplétifs (mercenaires) pour aller écraser les « rebelles ». Ainsi la situation devient-elle un cercle vicieux[5].
Quand on se retourne vers l’ONU ou l’Union Européenne, la France est là, brandissant son veto, en tant que patronne de l’Etat mafieux françafricain.
S’agissant de l’Afrique francophone, de ses anciennes (?) colonies, c’est-à-dire de son pré carré, la France a beau jurer la main sur le cœur qu’elle n’y est pour rien dans la situation apocalyptique qui frappe ces pays, personne, en tout cas aucun Africain encore moins un Congolais intègre et digne du nom, ne la croira. La France est un pays criminel. Ce n'est pas pour rien que Hitler allait toujours s'incliner sur la tombe de Napoléon. A chacun de comprendre pourquoi. La France, n'est-elle pas la patrie du CODE NOIR de Colbert et du CODE DE L'INDIGENAT de Napoléon ?
De l’esclavage à la colonisation et du Général de Gaulle à Nicolas Sarkozy en passant par Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac, la France n’a jamais changé d’un iota. Elle ne changera jamais !
Dans ces conditions, rien n'est donc surprenant de voir des Consulats français brûlés en Afrique, comme récemment au Gabon. Est-ce le début d'une grande confrontation ? Est-ce le signe avant-coureur ? Et si la France ne comprenait que ce langage, ce discours ; c’est-à-dire, celui de la violence, du rapport de force puisqu’elle ne sait rien faire d’autre que cela, à l’instar de ses « affranchis » de type Sassou Nguesso ? A croire que la France recherche la confrontation armée avec les peuples africains de son pré carré.
L'Afrique n’est pas entrée dans l'Histoire (dixit Sarkozy à Dakar). Si pour la France, même en ce XXIème siècle, entrer dans l'Histoire :
- C’est perpétuer la barbarie séculaire qui remonte à l’invasion de l’Afrique et à l’esclavage ;
- C’est installer dans d’autres pays des kleptocrates, des dictateurs, des criminels sur fond de fleuves de sang humain ;
- C’est asservir des peuples entiers quitte à les réduire en esclavage comme elle l’a toujours fait, sans scrupules et sans états d’âme, parce que sa survie en dépend, et parce qu’elle pense que c’est la seule méthode qui vaille ;
Alors le message est entendu. Il reste donc aux Africains de la prendre au mot, puisqu'elle n'a de cesse de répéter que c'est aux Africains eux-mêmes qu’il revient de régler leurs problèmes. En clair, elle leur dit de démolir par leurs propres moyens ce qu'elle a mis en place, dans leurs pays respectifs.
La France n'est pas "POMPIER". Elle est PYROMANE !
Comprenons-le une bonne fois pour toutes !
En conclusion, au regard de ce qui précède, l’Afrique du pré carré français n’est pas indépendante et ne l’a jamais été. Alors, à tous les Africains du pré carré de s’unir pour la conquérir, la reconquérir.
Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA
Secrétaire Général de l’Organisation
Africa Human Voice International (AHVI)
[1] Jean-François Probst, Chirac, mon ami de trente ans, Ed. Denoël, Paris, 2007.
[2] Cf. Christophe Barbier, Gabon banania, in L’Express du 10/19/2009.
[3] Mamadou Koulibaly, Les servitudes du pacte colonial, Ed. CEDA/NEI, Abidjan, 2005. (Il est très difficile de se procurer ce livre en France. Et pour cause !
[4] Cf. : Marianne Enault, Bourgi, l’homme qui en faisait trop, in le JDD du 10/09/2009
(http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Bourgi-l-homme-qui-en-faisait-trop-132558/)
[5] Cf. : Benjamin Bilombot-Bitadys, De Mitterrand à Sarkozy : même désillusion, in Mwinda Press : http://www.mwinda.org.
A l’initiative et sur invitation de l’Association « REPÈRES », le Professeur Mamadou KOULIBALY, président de l’Assemblée Nationale de la République de Côte d’Ivoire, a pris part à la Conférence sur « la souveraineté monétaire des pays africains », qui s’est tenue à Bamako (Mali), le 15 août 2009. Cet homme, très engagé et voué à la réflexion sur l’avenir de l’Afrique a publié plusieurs ouvrages dont, le plus célèbre, est : « Les servitudes du pacte colonial » chez CEDA/NEI, ouvrage actuellement difficile à trouver en France, censure oblige. Il est celui qui avait claqué les portes à Marcoussis lors des négociations, en France, sur la crise ivoirienne. Le document ci-dessous est d’une importance capitale. Il appelle tous ceux des Africains, économistes ou non et des acteurs politiques intérieurs et extérieurs à réfléchir sur la question. C’est une interpellation. A garder précieusement dans nos archives. Lisons ce qu’il nous dit à ce sujet :
LA SOUVERAINETÉ MONÉTAIRE
DES PAYS AFRICAINS
Prof. Mamadou KOULIBALY
Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire
Conférence prononcée à l'invitation de l'Association "REPÉRES".
Centre International de Conférence de Bamako (Mali)
Le 15 Août 2009.
« La souveraineté est révolte, ce n’est pas l’exercice du pouvoir. L’authentique souveraineté refuse…»
Georges Bataille (1897-1962)
In Méthode de méditation – Ed Gallimard
Au cours de cette conférence initiée par l’Association « Repères », je m’efforcerai de défendre la thèse suivante : Alors que les constitutions africaines proclament la souveraineté de leurs Etats et de leurs peuples, dans les faits, aucun d’entre eux ne décide de manière souveraine de sa politique économique. Ils demeurent soumis à la prééminence des contraintes venues de l’extérieur.
J’appuierai essentiellement mon exposé sur l’analyse de la souveraineté monétaire dans la Zone Franc. Les aberrations du système conduisent à des conséquences déconcertantes économiquement telles que des banques accumulant des surliquidités sur des marchés où les entreprises privées et les particuliers manquent d’accès aux crédits et où les Etats trouvent facilement financement.
Les avantages souvent mis en avant sur le Fcfa, tels que la solidarité des pays de la zone ou encore la maîtrise de l’inflation, ne résistent pas à une analyse objective des résultats.
Alors que la France, assurant la tutelle monétaire de la Zone Franc, a transféré sa propre souveraineté monétaire à la Banque Centrale Européenne, le contexte est favorable au changement. Le recouvrement de la souveraineté monétaire par les pays de la Zone Franc n’est pas un leurre. Toutefois, cela suppose, en préalable, l’élaboration d’un nouveau cadre institutionnel démocratique dissipant les pièges du tribalisme.
I. La souveraineté monétaire
La souveraineté, selon l’encyclopédie universelle Larousse 2009, est une notion qui relève du droit international public lorsqu’il s’agit de la souveraineté des Etats et du droit constitutionnel lorsque l’on s’intéresse à la souveraineté à l’intérieur des Etats. L’Etat souverain, nous dit la même source, est indépendant par opposition aux colonies ou aux protectorats.
Cette définition élémentaire nous aidera dans notre argumentaire. Le souverain est l’instance qui exerce le pouvoir suprême qui n’est limité par aucun autre. Le souverain monétaire est l’organe qui décide de l’émission et de la politique monétaires effectivement mises en œuvre dans un pays. La souveraineté monétaire suppose le pouvoir autonome dans l’allocation des crédits et dans la gestion de la valeur de la monnaie.
La constitution française de 1958, à l’article 3, dit que la souveraineté appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par voie du referendum. L’article 34 précise, entre autres, que la loi fixe les règles concernant le régime d’émission de la monnaie. La France avait donc sur cette base légale, sa monnaie, le Franc français. De façon souveraine, l'Etat français décidait de l'émission de la monnaie et de la politique monétaire.
Suite à la signature, le 7 Février 1992, du traité de Maastricht, la France a révisé sa constitution le 23 Juin de la même année, pour céder sa souveraineté monétaire à la Banque Centrale Européenne qui émet l’euro, devise officielle de l’ensemble des pays de l’Union Européenne entrée en vigueur le 1er Janvier 2002 après le referendum du 20 Septembre 1992. Le peuple de France, après avoir effectivement exercé sa souveraineté, a décidé lui-même de la céder par voie référendaire.
Les constitutions africaines proclament, en la matière, des principes qu’il faut rappeler : le Ghana, dans son chapitre 1er proclame que la souveraineté appartient au peuple tandis que l’article 183 est rédigé comme suit « The Bank of Ghana shall be the central bank of Ghana and shall be the only authority to issue the currency of Ghana ». Conformément à ces dispositions constitutionnelles, le Ghana Cedis est émis et géré par le peuple souverain du Ghana à travers ses élus.
De nombreux autres pays africains reprennent les mêmes dispositions constitutionnelles. C’est cependant dans l’analyse de la souveraineté monétaire au sein de la Zone Franc, que le sujet prend toute sa profondeur. Nous étudierons donc spécifiquement leur cas comme cas d’école, même si les autres monnaies ne manquent pas d’intérêt.
Les pays ayant en commun le Franc cfa sont au nombre de quinze (15). Huit (8) en Afrique de l’Ouest : le Benin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Ces pays sont réunis au sein de l’Uemoa (l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) et ont pour institution commune d’émission monétaire la Bceao (Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest). Ils appartiennent également à la Cedeao avec d’autres pays hors Zone Franc : le Cap Vert, la Gambie, le Ghana, le Liberia, le Nigeria et la Sierra Léone qui disposent de monnaies nationales[1].
De l’autre côté, en Afrique centrale, réunis dans la Cemac (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale), six (6) pays : le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad ont le même institut d’émission, la Beac (Banque des Etats d’Afrique Centrale). Eux aussi appartiennent à la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale qui est comme la Cedeao plus vaste avec des pays francophones, anglophones et lusophones.
Les analyses que nous présenterons ici porteront essentiellement sur les pays de l’Uemoa et ceux de la Cemac dont les constitutions proclament, elles aussi, leur souveraineté monétaire.
La constitution du Niger énonce dans son article 5 que la souveraineté appartient au peuple et à son article 81, que c’est le Parlement du Niger qui fixe, par la loi, les règles concernant le régime d’émission de la monnaie. La constitution du Sénégal en fait de même avec respectivement ses articles 3 et 67. Il en est de même de la constitution du Burkina Faso dans ses articles 32 et 101. La constitution malienne fait pareil avec ses articles 26 et 70. La Côte d’Ivoire n’échappe pas à la règle avec les articles 31 et 71 de sa constitution.
Dans les deux zones Uemoa et Cemac, les constitutions sont formelles sur la question de la souveraineté monétaire : C’est le peuple qui est souverain et ce sont ses représentants qui, par la loi, fixent le régime d'émission de la monnaie, mènent la politique monétaire, allouent les crédits et gèrent la valeur de la monnaie.
Qu’en est-il dans le fond ? Ces Etats, après avoir proclamé que la monnaie est un attribut de l’Etat et de sa souveraineté, sont-ils capables de la gérer ? Les Banques Centrales étant des établissements publics exercent-elles la souveraineté monétaire que la constitution leur octroie ?
II.Qui décide de la Politique Monétaire ?
Selon article 12 du traité de l’Uemoa du 14 novembre 1973, le responsable de la politique monétaire dans l’Uemoa est le Conseil des Ministres qui donne les directives.
La conduite de la politique monétaire est confiée au Conseil d’Administration de la Bceao avec le « concours » des comités nationaux de crédits (article 52 du statut de la Bceao).
L’exécution de la politique monétaire est le fait du gouverneur de la Bceao.
Dans la zone Cemac un Comité de Politique Monétaire (Cpm) définit la stratégie, les objectifs et les instruments de la politique monétaire et de la gestion des réserves de change. Ce comité est présidé par le Gouverneur de la Beac. Le Cpm fixe, dans la communauté, les objectifs d’avoirs extérieurs nets par pays, les objectifs de croissance des crédits à l’économie, ceux de la masse monétaire et ceux du refinancement du système bancaire.
A la Beac, comme à la Bceao, les objectifs de la politique monétaire, selon les dispositions statutaires, consistent à garantir la stabilité de la monnaie commune le Fcfa et à soutenir les politiques de développement des Etats.
Il nous apparait donc clairement que plusieurs organes sont impliqués dans l’exercice de la souveraineté monétaire :
- Le Conseil des Ministres qui donne les directives
- Le Conseil d’Administration de la Bceao qui conduit la politique en liaison avec les comités nationaux de crédit.
- Le Comité de Politique Monétaire qui fixe les objectifs (quand il est mis en place comme dans la Cemac)
- Le Gouverneur qui exécute les tâches.
La monnaie légale, ayant pouvoir libératoire sur toute l’étendue de chacune des deux zones, est le Fcfa dont la garantie est offerte par le Trésor Public Français selon les termes de la convention du compte d’opérations signée, 4 décembre 1973, entre l’Etat français et le Président du Conseil des Ministres de l’Umoa, modifiée par l’avenant n°1 du 20 septembre 2005. C’est donc le Trésor français qui apporte, selon les termes de cette convention, sa souveraineté tutélaire au Fcfa.
Dans les premiers accords de coopération en matière économique, monétaire et financière, les sièges des instituts d’émission étaient à Paris et c’est en 1973 qu’ils ont été délocalisés en Afrique, Dakar pour la Bceao et Yaoundé pour la Beac.
Aujourd’hui, au nom de la confiance qu’il offre au Fcfa, le gouvernement français gère 50% des réserves de change déposées sur le compte d’opérations. Cette part de la quotité des avoirs en devises des pays africains de la Zone Franc déposés au Trésor français était de 65% entre 1973, date de la signature de la convention, et juillet 2007, date de la mise en application de l’avenant n°1. Dans la zone Cemac la quotité est à 50% depuis 2005.
En échange de la souveraineté monétaire transférée par les pays de la zone au gouvernement français, ce dernier promettait de leur octroyer :
- une partie fixe entre le Fcfa et l’euro (hier c’était entre les Fcfa et le FF) ;
- une unité de la réglementation des changes face aux pays non membres des zones cfa par la mise en commun des réserves de changes déposées dans les comptes d'opérations ;
- une convertibilité intégrale et illimitée des monnaies africaines vendues à l’extérieur ;
- une garantie donnée par le Trésor français au Fcfa.
Alors que le Conseil des Ministres confie la responsabilité de la politique monétaire des pays de la zone Fcfa au gouvernement français, que faut-il attendre des Conseils d’Administration et des Comités Politiques Monétaires sinon la servitude au-delà de la perte de souveraineté ?
L’article 10 de l’accord de coopération entre la République Française et les Républiques membres de l’Umoa dit : « Deux administrateurs désignés par le gouvernement français participent au Conseil d’Administration de la Bceao dans les mêmes conditions et avec les mêmes attributions que les administrateurs désignés par les Etats membres de l’Union »
Au sein du Conseil d’Administration de la Beac trois (3) administrateurs sur 13 représentent la France.
Au sein du Conseil d’Administration de la Bceao deux (2) administrateurs sur 16 représentent le gouvernement français.
Après la révision du statut de la Beac, en septembre 2007, un Comité de Politique Monétaire (Cpm) mis en place comprend quatorze (14) membres délibérant à raison de deux par Etat membre de la zone d’émission et de deux pour la France.
De même, dans la zone Cemac, la convention de coopération monétaire du 23 novembre 1972, signée entre l’Etat français et les Etats membres de la Beac, permet à ces derniers de renoncer à leur souveraineté monétaire pour la laisser aux mains des autorités officielles françaises. Outre ce renoncement, l’Etat français apporte une garantie de convertibilité du Fcfa de la Beac en lui consentant dit-on un droit de tirage illimité sur un compte d’opérations ouvert au Trésor français. Cette renonciation à la souveraineté monétaire donne automatiquement un droit de veto à l’Etat français dans le Conseil d’Administration des Banques Centrales Africaines (Bceao, Beac). Idem pour les Comités Nationaux de Crédit dans lesquels il y a, de façon statutaire, un représentant de l’Etat français.
Par exemple, le Conseil d’Administration de la Bceao est composé de deux administrateurs par pays, augmentés de deux représentants de l’Etat français, soit un total de 18 personnes. Les décisions du Conseil d’Administration qui dirige la politique monétaire, selon l’Article 51 du statut, sont arrêtées à la majorité simple sauf pour les opérations d’escompte, d’acquisition, de vente, de prise en pension ou en gage des créances sur les Etats de l’Union, les entreprises et particuliers entre bien d'autres instruments de politique monétaires. Pour ces opérations d’exception qui sont en fait au cœur de la politique de la monnaie, il est requis une majorité des six septièmes des voix. Cette même majorité qualifiée est exigée pour tous les choix de politiques monétaires énoncés dans les articles 10 à 15 du statut et aux articles 52-3 et 52-8.
La recherche de cette majorité qualifiée des six septièmes des voix rend illusoire toute reforme qui serait initiée sans que l’unanimité ne soit acquise, du moins, sans réunir au moins 86% des voix. La souveraineté monétaire pourrait dans ce cas, si les Etats africains le souhaitaient vraiment, s’obtenir à condition que tous s’entendent sur les choix à faire même sans l’aval des représentants français. Autant dire que c’est illusoire. D’ailleurs, pourquoi s’engageraient-ils sur une telle voie alors que le cadre des accords est réputé sécurisant, sans risque et confortable pour les Etats africains et leurs Banques centrales ?
Le gouvernement français, quant à lui, pour décider de la politique monétaire dans les pays de la Zone Franc, ne s’encombre ni de conseils d'administration, ni de majorités simples ou qualifiées. Constat révélateur, en août 1993, alors que le chef de l'Etat français était un socialiste et que le chef du gouvernement était de droite. Prétextant une lutte contre la fuite des capitaux de la Zone Franc, le gouvernement Balladur a unilatéralement remis en cause la clause de la convertibilité illimitée du Fcfa, ceci contrairement aux dispositions du compte d'opérations[2]. Cette démarche qualifiée savamment de "doctrine Balladur" sera complétée, quelques mois après, en janvier 1994, par la décision, toujours unilatérale de la part de la France, de dévaluer le Fcfa de 100%.
Certains désignent la conjonction de ces deux décisions par l'expression "ligne d'Abidjan". Selon cette ligne, les règles du jeu entre la France et les pays de la Zone Franc ont largement changé. Les pays africains membres de la zone ont perdu, de par cette doctrine, leurs droits de tirage automatique sur le compte d'opérations.
La France se positionne alors en prêteur résiduel, intervenant en second rang après les institutions de Bretton Woods. Dans le cadre des programmes d’ajustement structurels d'alors, la mise en œuvre des politiques d’équilibrage financier devait conduire, de fait, à une certaine convergence des politiques économiques des pays membres. La mise en place de systèmes de surveillance et d’indicateurs de convergence devait aboutir à une coordination des politiques budgétaires qui aurait permit de fonder, selon cette doctrine, le Franc cfa davantage sur des bases internes que sur la garantie du Trésor Public Français.
Devant cette violation d'un accord international dont ils étaient signataires, les Etats africains n'ont rien eu à dire. Cette soumission a permis une certaine normalisation des relations des pays de la zone avec l’ancienne puissance coloniale qui, d’ailleurs, pour certaines autorités africaines devait légitimement rester la tutelle nourricière. En retour, celle-ci les a assurés de son soutien pour la mobilisation de capitaux publics et privés sur le marché international à des conditions concessionnelles. Elle s’est également engagée à assurer, par d'autres voies, la crédibilité de la signature des pays de la zone. Il a été dit, à l'époque, que cette décision de la France avait pour but de rassurer ses partenaires européens sur la fin du statut de chasse gardée ou de pré carré des pays africains de la Zone Franc. Toujours est-il qu'après la décision d'août 1993 la Bceao et la Beac suspendaient, automatiquement leurs rachats des billets de cfa exportés hors des deux zones d'émission.
En septembre 1993, la Beac appliquait cette mesure contre la Bceao qui, en décembre, en représailles, faisait de même contre la Beac. En clair, les cfa des deux zones, autrefois interchangeables, ne l’ont plus été ce qui n’a pas été sans conséquences sur les échanges commerciaux, l'intégration régionale et la prétendue solidarité. Les mesures prises à l'époque avaient été présentées comme provisoires. Aujourd'hui encore, seize ans après la dévaluation, elles sont toujours en vigueur et l'on continue de présenter comme le sésame la convertibilité illimitée assurée par le compte d'opérations. Etrangement, aucun Etat africain n'a dénoncé cet état de fait comme si la souveraineté en cause n'était pas que monétaire.
Mais, pour quelle efficacité ces Etats ont-ils renoncés à leur souveraineté monétaire ?
III.Quels avantages découlent de ce transfert de souveraineté monétaire ?
La politique monétaire, dans les systèmes hiérarchisés et monopolistiques, se fixe pour objectif, une bonne maîtrise de l’inflation qui assure une valeur adéquate de la monnaie émise et une bonne allocation du crédit.
- La solidarité intra zone
Dans le discours officiel, l’autre avantage justifiant la renonciation à la souveraineté monétaire serait la solidarité des pays africains membres de la Zone Franc. En effet, le compte d’opérations, symbole de cette perte de souveraineté, offre, aux pays membres des deux banques centrales, un pool de mise en commun des réserves de change.
De cette mise en commun, les pays les plus pauvres de la zone pourraient bénéficier des surplus de devises dégagés par les pays plus riches à des conditions avantageuses comparées aux marchés internationaux de devises. La principale question qu’il convient de se poser est celle de savoir qui gagne dans cette solidarité institutionnalisée par le jeu du compte d’opérations ?
Les réserves de changes servent à assurer les moyens de paiements des importations des pays membres du pool de chaque banque centrale. Plus les réserves de change sont élevées, plus le nombre de mois d’importations est grand et plus le pays est assuré de pouvoir payer en devises les factures de son commerce extérieur.
La solidarité voudrait que les plus pauvres profitent à moindres frais des plus riches. Or, selon les économistes qui ont étudié cette question dans les années 1974 à 1988, il n’en a rien été. La solidarité ne s’est pas exprimée au sens où nous l’entendons habituellement[3]. Bien au contraire, les pays pauvres en terme de produit national brut par tête ont moins profité du pooling des devises que les pays plus riches qui, eux, ont vécu au-dessus de leurs moyens, profitant des excédants de réserves de change que dégageaient les autres. Ces économistes montrent qu’il est vrai que la mise en commun des réserves amoindrit, pour chaque pays membre du pool, la volatilité des avoirs extérieurs nets. On doit donc reconnaître au compte d’opérations cet avantage. Chaque pays est assuré de bénéficier de plusieurs mois d’importations au-delà de ses propres capacités de réserves. Le gain retiré est d’autant plus élevé pour un pays que son coefficient de variation des réserves de change est élevé. Les pays qui vivent essentiellement de recettes d'exportations instables peuvent donc épargner des devises pour l'achat de leurs importations.
Cependant, les travaux économétriques mettent en évidence que la mise en commun des réserves crée des politiques monétaires laxistes, asymétriques et incohérentes dans les économies africaines membres de la Zone Franc. Les pays les plus pauvres épargnent des devises qui sont gaspillées par les économies les moins pauvres des Unions monétaires africaines. Les pays qui ont un produit national brut par tête élevé importent plus, tout en maintenant de faibles niveaux de réserves. Ils profitent des surplus dégagés par les plus pauvres qui importent peu. Ainsi, la solidarité institutionnelle du compte d’opérations soutient l’exploitation des pays les plus modestes des Unions par les pays les plus dépensiers[4]. De surcroît, la parité fixe du Fcfa avec la monnaie de garantie étant identique entre ces différents pays, les déficits budgétaires créés par les membres les plus dépensiers produiront de l’inflation qui se transmettra aux autres pays. Les pays les plus inflationnistes feront payer à ceux qui le sont moins un impôt d’inflation[5].
Au-delà, le système du compte d’opérations produit un seigneuriage[6] qui peut être soit réutilisé par l'Etat français, soit dépensé par les banques centrales elles-mêmes pour se financer leurs extras, soit reversé comme dividendes aux actionnaires que sont les Etats africains ou bien affecté à des secteurs prioritaires désignés par les autorités monétaires[7].
- Le surcoût des importations
Par ailleurs, les économistes de la Banque Mondiale ont soutenu que le modèle de coopération qui lie les anciennes colonies aux anciennes puissances coloniales entraîne des surcoûts qui font que les économies africaines paient plus chères leurs importations que les autres pays non-membres d’accords spécifiques avec l’Europe. Alexander Yeats s’est posé cette question en 1990 et sa réponse est sans ambigüité. Les pays africains membres de la Zone Franc surpayent leurs importations quand ils commercent avec la France dans le cadre d’accords spécifiques qui, à première vue, ont pour but d'assurer des garanties de change, la stabilité monétaire et la solidarité entre les nations.
Les surcoûts supportés par les importateurs africains augmentent les coûts des facteurs de production dans la zone et réduisent la compétitivité des entreprises même si, dans ces économies, l’inflation est faible et la main d’œuvre abondante[8].
Ainsi, les pays de la Zone Franc, comparés aux autres, doivent payer plus cher leurs importations. Ces surcoûts permettent au Trésor français de prélever des seigneuriages incalculables et de les recycler dans l’économie française. Les économistes expliquent ces surcoûts par l’existence, pour les importateurs des pays africains de la Zone Franc, d’un nombre limité de partenaires à l’échelle internationale. En effet, les échanges se feront dans un cadre institutionnel formaté et protégé de la concurrence mondiale. Les arrangements politiques prennent alors le pas sur les affaires avec pour résultats la corruption, les intimidations, les réseaux d'affairismes. Or toutes ces activités coûtent et quelqu'un doit bien en faire les frais.
Les économies africaines hors Zone Franc, plus ouvertes, ayant diversifié leurs échanges commerciaux avec d’autres pays, tireront de meilleurs avantages de la mondialisation, payeront moins chers leurs importations et vendront mieux leurs exportations. Encore qu'elles aussi restent tout de même des économies africaines.
Les accords qui autorisent l’abandon de la souveraineté monétaire, même s’ils peuvent donner un sentiment de sécurité, de solidarité et de tranquillité, n’en demeurent pas moins coûteux et pénalisant pour l’investissement et pour l’emploi. Les surcoûts proviennent aussi de l'étroitesse des marchés internes car les accords de renonciation à la souveraineté monétaire tracent un cadre global de politiques monétaire et budgétaire dans lequel il faut protéger certains secteurs d’activités en contrepartie de la stabilité des prix et des changes. Ces accords vont de pair avec des accords commerciaux, militaires et diplomatiques. Toute restriction du marché intérieur aura tendance à cacher des protectionnismes appauvrissant pour les pays.
- L’inflation
Il faut aussi remarquer que ce qui est désigné comme "la stabilité des prix" dans les accords de cession de la souveraineté monétaire n’est rien d’autre que la rigidité des prix et du change. Ainsi, dans les pays africains de la Zone Franc, les taux d’intérêt, variable d’ajustement du marché de la monnaie, sont fixés administrativement et ne subissent des changements que par à-coup. Ainsi, par exemple, de 1962 à 1973, le taux d’intérêt est resté fixé à un faible niveau par les autorités monétaires. Cette approche, disait-on, devait permettre d’encourager l’investissement des premières années d’indépendance. Malheureusement, les taux d’intérêt faibles ont découragé l’épargne domestique qui a fini par fuir en France. Pendant plus d’une dizaine d’années, jusqu’au premier choc pétrolier, cette politique n’a pas changé. Après 1973, les taux d’intérêt vont augmenter pour, disait-on cette fois, encourager l’épargne et permettre ainsi aux opérateurs économiques de se financer sur le marché domestique.
La rigidité du taux d’intérêt, haut ou bas, n’est pas significative de stabilité. Elle neutralise cet instrument de politique économique dont l’influence sur l’activité est compensée par les politiques d’intervention directe.
En effet, dans les pays africains de la Zone Franc, les banques centrales, ont aujourd’hui trois types d’instruments de politiques monétaires :
A l’Ouest, à la Bceao, il y a les plafonds des concours globaux aux Etats, aux banques et aux établissements financiers ; les réserves obligatoires et les taux d’intérêts directeurs.
En Afrique centrale, à la Beac, il y a le refinancement des banques, les taux d’intérêt et les réserves obligatoires.
Ici et là, ces trois instruments se résument à une gestion administrative de la politique monétaire. Aucune place n’est laissée aux marchés de la monnaie et du change, à l’innovation financière et bancaire et à la flexibilité des processus marchands. Ces politiques monétaires assurent certes une faible inflation aux pays de la Zone Franc comparés à ceux hors zone mais la croissance économique y est par contre plus faible en terme réel comme le montrent les deux tableaux qui suivent[9].
Dans les pays africains de la Zone Franc, lorsque l'on corrige la croissance des effets de l'inflation, les résultats sont moins bons que dans les autres pays ayant leur souveraineté monétaire et une inflation plus élevée. En terme réel, le taux de croissance ne donne pas un avantage décisif aux pays qui bénéficient de la stabilité des prix dans un contexte rigide de marchés protégés comparés aux autres.
Entre 1994 et 2000, les mêmes phénomènes s'observent. La rigidité des prix dans les pays africains de la Zone Franc ne leur donne pas un avantage décisif en matière de taux de croissance réel du PIB. Même quand l'inflation est plus forte hors Zone Franc, malgré la dévaluation du cfa en 1994, la croissance réelle n'est pas dominée par les pays de la zone.
En définitive, le compte d’opérations et la politique monétaire qu’il implique limite la souveraineté monétaire et cambiaire des gouvernements, des banques centrales et impose des contraintes administratives hors marchés aux systèmes bancaires et aux usagers des banques.
- Un frein à l’essor du secteur privé
La politique monétaire administrée par les interventions directes des Etats déforme l’information sur la liquidité bancaire que le marché libre de la monnaie et de la banque aurait fait émerger. Les banques centrales, prêteuses en dernier ressort aux Etats et à l’économie, orientent l’activité de telle sorte que, dans les pays de la zone, coexistent des agents à besoin de financements qui se heurtent à des banques surliquides mais incapables de financer les projets de production présentés par leurs clients.
Les Pme, les Pmi, les micro-entreprises et les particuliers du secteur privé manquent de financement alors que les banques sont surliquides et que les économies sont elles mêmes sous bancarisées. La bancarisation d’un pays mesure l’accès de sa population au compte bancaire. Dans les pays africains de la Zone Franc, il est estimé que moins de 4 personnes sur 100 ont un compte bancaire alors qu’en Algérie et au Maroc, ce ratio est proche de 20% et qu'il dépasse les 50% en Afrique du Sud là où il est proche des 100% en France. L'appartenance à la Zone Franc ne donne pas, ici aussi, un avantage décisif aux Etats africains qui ont décidé de céder leur souveraineté monétaire à la France. En effet, la faiblesse de ce ratio est une preuve supplémentaire de l’incohérence entre les offres et demandes de monnaie dans l’Uemoa et dans la Cemac. La politique monétaire reste inadaptée.
De même que d’autres indices permettent de mesurer l’accès à l’éducation, à la santé, à l’eau potable, à la démocratie et à la liberté économique et politique, le taux de bancarisation mesure le degré d’exclusion bancaire et financière dans les pays pauvres d’Afrique. Les systèmes bancaires issus des politiques monétaires adoptées dans les pays de la Zone Franc ne permettent pas un accès facile aux instruments modernes de paiements et lorsque certains produits financiers existent, la clientèle qui y accède est sélectionnée de sorte que de nombreuses personnes sont exclues des établissements de financement. Les comptes bancaires dans les pays à faible bancarisation sont gérés comme des caisses dans lesquelles l’on dépose de la monnaie liquide à un moment donné pour ensuite faire des retraits. L’épargne dans les cas de faible bancarisation est découragée et les services de paiement sont rudimentaires. Cette faiblesse s’explique par les coûts de transaction qu’imposent les autorités monétaires en termes de prix, de taxes et de procédures d’ouverture des comptes.
La renonciation à la souveraineté monétaire ne facilite donc pas non plus la bancarisation des économies des pays africains membres de la Zone Franc. Pourtant, les quelques banques existantes restent surliquides ce qui signifie que les prêts bancaires restent inférieurs aux dépôts. Les bilans des banques laissent apparaître alors des excès de fonds prêtables oisifs et stériles. Alors qu’en Europe, par exemple, les dépôts n’arrivent pas à couvrir les prêts, conduisant le système bancaire à créer ex nihilo de la monnaie, dans les pays africains, qui pourtant ont des besoins énormes insatisfaits de financements, les fonds liquides dorment sans affectation précise attendant les besoins de l'Etat.
Au début des années 2000, le taux de surliquidité a été estimé à 20% ce qui signifiait que les prêts n’utilisaient qu’environ 80% des dépôts alors que, dans la même période, en Europe, ce taux était de 123% signifiant que les prêts épuisaient les dépôts et induisaient en même temps une création monétaire de 23%. C'est ce que nous montre le tableau suivant[10].
Dans les pays africains de la Zone Franc, les banques surliquides préfèrent constituer des encaisses oisives plutôt que de prendre des risques. Cette rente de situation profite aux Etats qui peuvent y accéder par le biais des emprunts publics avec pour conséquences les déficits budgétaires, l'endettement et la pression fiscale qui va avec. Les tableaux qui suivent montrent bien comment les Etats recourent, plus que les banques, aux guichets des banques centrales pour y trouver des financements.
Source : www.banque-france.fr/fr/eurosys/zonefr/page2.htm
Source : www.banque-france.fr/fr/eurosys/zonefr/page2.htm
La surliquidité du système bancaire provient, avant tout, de l’objectif même de la politique monétaire. En effet, il faut constituer des réserves de change pour stabiliser la valeur de la monnaie cfa dans un régime de parité fixe et de couverture intégrale de la base monétaire. Une répression financière est donc organisée pour rechercher partout des devises. Le système financier, frileux, préfère financer le commerce international des produits agricoles et miniers que la production à risque. Dès lors, les crédits à court terme dans la zone Bceao représenteront plus des deux tiers (2/3) des crédits à l’économie. Cela est une caractéristique structurelle chronique et une tendance lourde du système de financement de la zone depuis toujours, ainsi que le montrent les deux tableaux suivants pour la période allant de 2004 à 2007. Le constat est le même si l'on remonte plus loin dans le temps comme le montre les annexes :
Source : www.banque-france.fr/fr/eurosys/zonefr/page2.htm
Les proportions sont quasiment conservées dans la zone Cemac[11].
Source : www.banque-france.fr/fr/eurosys/zonefr/page2.htm
Le système bancaire, en sacrifiant la souveraineté monétaire dans les conditions précédemment énoncées, sacrifie aussi l’investissement. Les taux d’investissement, qui ne sont spécifiquement plus élevés en Zone Franc qu'ailleurs en Afrique, sont relativement faibles en pourcentage du Pib et sont plus influencés par les investissements publics qui évincent d’un marché déjà étroit les investisseurs privés. Or, sans investissement, il est difficile de créer des emplois et de résorber le surplus de main d’œuvre et le chômage. Ainsi, le système de la zone cfa entretient implicitement le chômage même si l’inflation y est maîtrisée.
IV.Redevenir des peuples souverains
Avec l’Euro comme monnaie unique européenne, la France auprès de laquelle les pays africains de la Zone Franc ont mis leur souveraineté monétaire sous tutelle, a cessé d’être une puissance monétaire comme elle l’était lorsque la Banque de France émettait de Franc Français[12]. Le Fcfa ne bénéficie donc plus de la garantie d’une puissance monétaire. Selon des spécialistes du droit international public, Edmond JOUVE et Dominique KOUNKOU, l’Etat français a perdu le pouvoir qui lui permettait d’être partie aux conventions de coopération qui instituent et statuent sur la monnaie en Afrique. Ainsi, conformément à l’article 62 de la convention de Vienne [13] « un changement fondamental de circonstances qui s’est produit par rapport à celles qui existaient au moment de la conclusion d’un traité et qui n’avait pas été prévu par les parties ne peut être invoquée comme motif pour mettre fin au traité ou pour s’en retirer, à moins que :
a) L’existence de ces circonstances n’ait constitué une base essentielle du consentement des parties à être liées par le traité ; et que
b) Ce changement n’ait pour effet de transformer radicalement la portée des obligations qui restent à exécuter en vertu du traité (…)
En s’appuyant sur ce texte, les Etats africains peuvent de droit reprendre leur souveraineté mise sous tutelle depuis trop longtemps. Après avoir proclamé des indépendances sans souveraineté, promulgué des souverainetés sans compétences et accepté des compétences sans indépendance, les pays de la Zone Franc peuvent, sur la base du droit, recouvrer leur liberté. Encore faut-il que les peuples et les élites le sachent et le souhaitent.
La France, ayant perdu sa souveraineté monétaire au profit de l’Union Européenne, a disparu en tant que tutelle monétaire. Les Etats africains sont donc en droit de dénoncer les conventions monétaires qui les lient à elle car, pour reprendre les termes de la convention de Vienne, il y a eu un changement fondamental de circonstances. L’occasion permet donc aux pays de la Zone Franc de demander, juridiquement et politiquement, une renégociation globale des obligations conventionnelles[14].
Pour Jouve et Kounkou, les règles draconiennes imposées aux banques centrales africaines donnent au Trésor français, un « veto de fait » sur la politique monétaire des pays membres et ce veto de fait est la caractéristique de ce qu’ils appellent des "traités inégaux" fondés sur l’histoire des signataires eux-mêmes. En effet, les signataires de ces traités, tout en étant égaux en Droit, sont de fait inégaux et les relations contractuelles entre eux sont asymétriques.
Avec l’instauration de l’Euro, le gouvernement français interprète les conventions monétaires signées comme de simples accords budgétaires. Ainsi, les autres Etats de l’Union Européenne pourraient exiger l’application de la clause de la Nation la plus favorisée, pour bénéficier eux aussi des privilèges et avantages que le Trésor français accorde aux Etats africains sous tutelle monétaire.
En clair, comme ces juristes le disent, la France est devenue juridiquement incapable de soutenir les pays africains de la Zone Franc avec la garantie que sa monnaie apportait au Fcfa. C’est donc sur une base juridique évidente que les Etats africains concernés devraient oser s’appuyer pour recouvrer leur souveraineté monétaire et l’exercer à leur guise en toute liberté.
La souveraineté monétaire n’est certes pas la seule en cause dans une analyse plus globale de la souveraineté, mais, si elle nourrit avec vigueur notre débat, c’est qu’elle en est la clé de voûte. Comme le disait Jacques Rueff en 1950, le « destin de l’homme se joue sur la monnaie ».
La recherche de la souveraineté monétaire spoliée suscite une autre question : Qui est souverain en Afrique ? Les Etats, les peuples ou les humains ? Le destin de l'homme se joue sur la monnaie dit l'académicien. Mais, cet homme lui-même ne préexiste t-il pas à son destin ? Contrairement à des fictions juridiques comme l'Etat ou le peuple, l'humain est bien réel. Pour jouer son destin il faut déjà qu'il soit. Et, en tant qu'homme, il a des droits inaliénables qu'il doit d'abord faire reconnaître. Mais, pour les faire reconnaitre ne faut-il pas déjà qu'il les connaisse lui-même ?
Le fond du débat se trouve alors dans le principe démocratique qui gouverne les relations entre les peuples souverains d’Afrique et leurs représentants qui décident en leur nom. La souveraineté monétaire, dans les pays africains de la Zone Franc, n’a pas été mise sous tutelle par le jeu d’un libre choix démocratique exercé par les peuples souverains. Dans la période coloniale, elle a été imposée par l’Etat impérial français. A l’indépendance, elle a été organisée par l’Etat tutélaire français pour le compte des micro-Etats africains laissés en héritage aux africains. Jamais, les peuples d’Afrique n’ont été consultés sur ce qu’ils entendaient faire de leur souveraineté monétaire. Les gouvernements ont décidé sans qu’aucun référendum ne leur ait permis de s’exprimer sur cette question fondamentale.
Avant toute revendication de souveraineté monétaire, les pays africains auraient tout intérêt à rompre avec les anciens régimes et à renouer avec la démocratie moderne. L’instauration d’un cadre institutionnel nouveau est un préalable nécessaire à toute voie de progrès. La démocratie tribale, la démocratie à l'africaine n’ont pas apporté d’avancées.
C’est une démocratie libérale qu’il convient d’instaurer, fondée sur la précision des droits de propriété sur les terres africaines, la liberté d’échange des terres, un régime parlementaire et un mode de scrutin majoritaire à un tour pour l’élection des représentants en charge la gestion de l'Etat. L’analyse des différents modèles montre que ces principes élémentaires sont les plus capables d’ancrer la démocratie dans les économies africaines et de limiter le pouvoir de l’Etat qui ne doit plus seul engager le destin des peuples dans des contrats léonins sans leur libre consentement.
La liberté ne s’exprime pas qu’à travers un bulletin de vote, les populations africaines ont besoin de titres fonciers sur les terres. La précision des droits de la propriété foncière réglerait les conflits fonciers, donnerait la possibilité de financement hypothécaire de l’agriculture auprès du système bancaire, élargirait la bancarisation des économies, augmenterait la production agricole et les revenus des populations qui s’adonnent à cette activité. La liberté d’échange faciliterait la location, le prêt, la vente des terres et favoriserait l’apparition de véritables exploitants agricoles à la place des pauvres paysans d’aujourd’hui, donnerait la possibilité aux systèmes bancaires d’innover dans des produits financiers susceptibles de financer la production agricole.
Le régime parlementaire selon le modèle de Westminster accroîtrait le contrôle des populations sur leurs élus et autres dirigeants, limiterait le pouvoir des hommes politiques tout en garantissant des institutions solides et durables. Le régime présidentiel a largement montré ses limites en Afrique dérivant trop souvent vers la dictature, la tyrannie et l’autocratie fondées sur le tribalisme, les coups d’Etat et les rébellions. L’expérience montre que le régime parlementaire est mieux adapté aux petits pays pauvres constitués largement de populations analphabètes et très peu homogènes sur le plan tribal.
Alors que les Etats refusent d’exercer leur souveraineté internationale et imposent leur laxisme aux populations, la souveraineté doit être rendue aux peuples car l’émancipation passe par eux. Sans un peuple fort sur lequel s’appuyer, les Etats d’Afrique demeurent faibles et se laissent prendre à tous les pièges des accords inter-étatiques inégaux. Ce sont des peuples libres et non des Etats prédateurs qui peuvent redessiner l’avenir du continent. Avec les anniversaires du cinquantenaire des dates de transferts, par l'Etat Français, des compétences sans indépendance aux Etats Africains de la Zone Franc nous ne manquons pas de matières pour organiser les célébrations de ces indépendances Tcha Tcha Tcha. A vos marques.
Je vous remercie
V.Documents annexes
Le Bilan des Banques Centrales en 2007
www.banquefrance.fr/fr/eurosys/zonefr/page2.htm
www.banquefrance.fr/fr/eurosys/zonefr/page2.htm
Extrait du bilan des Banques Centrales : www.banquefrance.fr/fr/eurosys/zonefr/page2.htm
Selon ces tableaux et graphiques, l’évolution de la situation des comptes d’opérations des deux instituts d'émissions (Bceao et Beac) suit des trajectoires quasi opposés. Alors que le compte d’opérations de la Bceao suit une tendance à la baisse, celui de la Beac est à la hausse. On observe, cependant, quelques nuances. Sur la période 2000–2004, le compte d’opérations de la Bceao connait une hausse progressive avant de subir une chute vertigineuse à partir de 2004. Au niveau de celui de la Beac, l’évolution est stable avant de connaitre un pic de croissance à partir de 2004.
Zone Uemoa :
Selon les différents rapports sur la politique et les agrégats monétaires dans l’Uemoa de 2000 à 2007, la hausse des ressources du compte d’opérations entre 2000 et 2004 s’explique par une augmentation des avoirs officiels nets. Cette évolution est la résultante d’une nouvelle augmentation des réserves officielles de change brutes (total des avoirs) et d’un recul des engagements.
L’augmentation des réserves de change s’explique notamment par l’encaissement du produit de la garantie de change du Trésor français au titre du compte d’opérations de la Bceao et par la cession de francs français aux guichets de la Bceao, en liaison avec l’entrée en vigueur de l’euro fiduciaire au 1er janvier 2002.
Les pays de l’Uemoa présentent des niveaux d’avoirs extérieurs nets et de réserves de change brutes, très variables d’un État à l’autre. Ainsi, sur la période 2000 - 2003, les avoirs extérieurs nets étaient-ils très faibles pour trois pays : la Guinée-Bissau, le Togo et le Niger, et élevés pour quatre autres pays : le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal. Les réserves de change brutes représentaient ainsi plus de 7,5 mois d’importations de biens et services au Bénin, 4,3 mois au Mali, 3,8 mois en Côte d’Ivoire et 3,1 mois au Sénégal.
Cependant, à la fin de l’année 2004, les avoirs officiels nets ont faiblement augmenté en termes nominaux. Les réserves officielles de change brutes (total des avoirs) sont restées globalement inchangées au cours de la période, s'inscrivant à 3 730 milliards de fcfa à fin décembre 2004 contre 3 735 milliards de fcfa en décembre 2003. L'essentiel de l'évolution des avoirs extérieurs nets est imputable au recul des engagements. Ce mouvement traduit l'effet des annulations de dette consenties au titre de l'initiative PPTE, ainsi que la faiblesse de la mobilisation des concours extérieurs en faveur de la Côte d’Ivoire, du Togo et de la Guinée-Bissau.
En termes de couverture des importations, les réserves officielles de change brutes ont fléchi, passant de l'équivalent de 6 mois d'importations en 2003 à 5,5 mois en 2004. Le taux de couverture de l’émission monétaire a de ce fait quelque peu décrût, de 119,6 % à fin 2003, à 117,2 % à fin 2004.
L’augmentation des avoirs officiels nets a été prononcée au Sénégal (+ 55 %) et au Togo (+ 91 %). À l’inverse, trois pays ont vu leurs avoirs officiels nets se dégrader : le Bénin (– 25%) le Burkina (– 5,5%) et le Niger (– 11%).
Les pays de l’Uemoa présentent ainsi des niveaux de réserves de change brutes très inégaux. Fin 2004, évalués en termes relatifs, les avoirs extérieurs étaient faibles pour deux pays, le Niger et le Togo, élevés pour le Mali et situés dans une zone intermédiaire pour les autres pays de l'Union. Les réserves officielles de change brutes représentaient ainsi seulement 1,0 mois d’importations de biens et services au Niger et 3,3 mois au Togo, mais plus de 7,4 mois au Mali, 4,5 mois au Bénin, et 4,1 mois au Burkina et en Côte d’Ivoire.
L’importance relative des réserves de change par pays doit toutefois être relativisée, du fait du principe de solidarité financière et de centralisation des avoirs extérieurs dans le cadre de l’Union monétaire.
Entre 2005 et 2007, les avoirs officiels nets ont augmenté de 5,5 % en 2005 (+166 milliards de fcfa). Les réserves officielles de change brutes ont également enregistré une très faible progression au cours de la période, s'inscrivant à 3 769 milliards de fcfa à fin décembre 2005 contre 3 730 milliards de fcfa en décembre 2004. L'essentiel de l'évolution des avoirs extérieurs nets est ainsi imputable au recul des engagements. Ce mouvement traduit l'effet des règlements effectués au profit du FMI, des annulations de dette consenties au titre de l'initiative PPTE, ainsi que de la faiblesse de la mobilisation des concours extérieurs en faveur de la Côte d’Ivoire, du Togo et de la Guinée-Bissau.
En termes de couverture des importations, les réserves officielles de change brutes se sont stabilisées, passant de l'équivalent de 5,5 mois d'importations en 2004 à environ 5,2 mois en 2005. Le taux de couverture de l’émission monétaire a quelque peu progressé, passant de 117,2 % fin 2004 à 120,3 % fin 2005.
Zone Cemac :
Dans cette zone, on note qu’en 2000, les avoirs officiels nets ont progressé de + 471,7 milliards de fcfa, après une augmentation de 31,5 milliards de fcfa en 1999. A la fin 2000, les réserves extérieures brutes représentaient 2,1 mois d’importations de biens et services contre 1,2 mois en 1999.
Les pays de la Cemac présentent des divergences importantes en ce qui concerne les avoirs officiels nets et les réserves de change brutes. En dépit d’une forte amélioration en 2000, les avoirs officiels nets du Cameroun restent légèrement négatifs ; ceux du Gabon, négatifs depuis 1998, sont redevenus positifs en 2000. Les avoirs officiels nets de la RCA et du Congo sont largement positifs, notamment dans le cas du Congo, où ils se sont accrus de 120 milliards de fcfa, au prix toutefois d’un net alourdissement des arriérés extérieurs (+271,6 milliards de fcfa). Les réserves extérieures brutes en RCA représentent 10,4 mois d’importations de biens et services alors qu’elles ne correspondent qu’à 0,4 mois en Guinée Équatoriale.
En 2004, les avoirs extérieurs nets ont très fortement progressé (+ 87,1%), grâce, notamment, à la hausse des recettes d’exportations (effet pétrole), mais aussi du fait d’un rapatriement plus régulier de celles–ci ainsi que des allègements de dettes extérieures obtenus par certains pays. En 2006, les avoirs extérieurs nets ont à nouveau connu une croissance exceptionnelle (+ 61,6%). Comme en 2005 (où elle avait atteint + 98%), celle-ci est due essentiellement à la hausse des recettes d’exportations (effet pétrole) et à leur rapatriement plus régulier, ainsi que, plus marginalement, aux allégements de dettes extérieures obtenus par certains pays. Les avoirs officiels nets ont progressé de 66,9% en 2006 et ont crû dans tous les pays, à l’exception de la RCA. Alors que les réserves officielles brutes ont augmenté de 54,5 %, les engagements extérieurs ont fléchi de 59,2 % (de 285,3 milliards de fcfa fin 2005 à 116,4 milliards de fcfa fin 2006), du fait principalement des remboursements des concours au FMI et des allégements de dette.
L'évolution comparée de l'inflation et du PIB réel dans les années 90
Seulement 15 pays sur 53 (soit 28%) ont une monnaie commune, le franc CFA. Et pourtant leur niveau de développement n'est pas significativement différent de celui des 38 autres pays africains (71%) qui ont leurs monnaies nationales.
Positions indicatrices des Etats par rapport aux critères de surveillance multilatérale de leurs politiques économique et budgétaire
I. Cadre théorique
Afin de tirer toutes les conséquences de l’union monétaire et de l’ancrage à une monnaie externe, les deux unions de la Zone franc, Uemoa et Cemac, se sont dotées à partir de 1994 de mécanismes de surveillance multilatérale. En d’autres termes, les Etats membres après avoir perdu leur souveraineté monétaire sont tenus à la réalisation d’objectifs de convergence, portant à la fois sur la politique économique et budgétaire. La perte de la souveraineté monétaire à donc ainsi des conséquences sur la souveraineté des budgets et des économies.
Quels sont ces critères pour les deux instituts.
1.1. Zone Uemoa
|
Critères de surveillance multilatérale et critères du Pacte de Convergence | |
|
Critères de la surveillance multilatérale en Uemoa pour 1999 |
Critères du Pacte de Convergence, de Stabilité, de Croissance et de Solidarité entre les Etats membres de l’Uemoa |
|
- le solde primaire de base dépasse 15% des recettes fiscales - l’inflation est maintenue à moins de 3% sur l’année - l’Etat n’accumule pas d’arriérés de paiement intérieurs et extérieurs et réduit les stocks d’arriérés existants - la masse salariale n’excède pas 40% des recettes fiscales et les investissements financés sur ressources internes dépassent 20% des recettes fiscales. |
Critères de premier rang - le solde budgétaire de base rapporté au pib nominal doit être supérieur ou égal à 0% en 2002 (critères clé) - l’inflation est maintenue à moins de 3% par an - l’Etat n’accumule pas d’arriérés de paiement intérieurs ni extérieurs sur la gestion de la période courante. D’ici 2002, les Etats doivent éliminer les stocks d’arriérés existants - l’encours de la dette intérieure et extérieure rapporté au PIB nominal n’excède pas 70% en 2002. |
|
Critères de second rang - la masse salariale n’excède pas 35% des recettes fiscales en 2002 - les investissements publics financés sur ressources internes atteignent au moins 20% des recettes fiscales en 2002 - le déficit extérieur courant hors dons rapporté au pib nominal n’excède pas 5% en 2002 - les recettes fiscales sont supérieures ou égales à 17% du pib nominal en 2002. | |
1.2. Zone Cemac
Critères de surveillance multilatérale et critères du Pacte de Convergence Cemac
Les critères de surveillance multilatérale et les critères du pacte de convergence de l’Uemoa ont été repris ici. Néanmoins, les indicateurs dits « corrigés » ont vocation à compléter et affiner le diagnostic.
Ces indicateurs sont :
- Un indice d’inflation sous-jacente, qui soustrait de l’indicateur d’inflation les principaux éléments volatils. En Uemoa, il est calculé en soustrayant du panier de consommation les produits alimentaires non transformés (produits frais) et les dépenses d’acquisition d’énergie (fonctions "logement" et "transports"). En Cemac, où la nomenclature n’est pas encore totalement uniforme, il s’agit d’un indice « hors alimentation».
- Un solde budgétaire de base corrigé, qui permet de mieux apprécier la situation structurelle des finances publiques. En Cemac : le solde budgétaire de base corrigé correspondant au solde budgétaire de base dans lequel on prend pour montant des recettes pétrolières de l'année considérée la valeur moyenne des trois dernières années, ce qui permet de supprimer les effets ponctuels de variations des cours ou de la production. En Uemoa, le solde budgétaire de base corrigé est calculé en ajoutant aux recettes totales hors dons le montant des dons budgétaires et de l’aide ppte ayant financé les dépenses courantes et les dépenses d’investissement. Cet indicateur donne une vision plus juste de l’effort budgétaire réalisé, indépendamment toujours des dépenses financées directement sous forme d’aide-projet.
- Pour les économies pétrolières, un indicateur d’évolution de la couverture des dépenses courantes hors intérêts par les recettes fiscales non pétrolières afin d’analyser la soutenabilité structurelle des dépenses de fonctionnement des budgets.
II. Analyse des résultats de la recherche de convergence
Les tableaux ci-dessous donnent une idée du respect des critères par les pays dans chacune des Zones.
Zone Uemoa :
|
Années
Pays |
2000 |
2001 |
2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
2007 |
Nombre de fois que le critère est respecté |
|
Bénin |
3/4 |
3/4 |
4/4 |
3/4 |
4/4 |
3/4 |
2/4 |
4/4 |
3 |
|
Burkina Faso |
2/4 |
2/4 |
3/4 |
3/4 |
3/4 |
2/4 |
3/4 |
3/4 |
0 |
|
Côte d'Ivoire |
1/4 |
1/4 |
1/4 |
0/4 |
1/4 |
0/4 |
1/4 |
2/4 |
0 |
|
Guinée-Bissau |
0/4 |
0/4 |
0/4 |
1/4 |
1/4 |
0/4 |
1/4 |
0/4 |
0 |
|
Mali |
1/4 |
1/4 |
1/4 |
4/4 |
4/4 |
3/4 |
3/4 |
3/4 |
2 |
|
Niger |
1/4 |
0/4 |
2/4 |
2/4 |
1/4 |
1/4 |
4/4 |
3/4 |
1 |
|
Sénégal |
3/4 |
2/4 |
4/4 |
4/4 |
4/4 |
4/4 |
3/4 |
2/4 |
4 |
|
Togo |
1/4 |
1/4 |
1/4 |
2/4 |
2/4 |
0/4 |
1/4 |
1/4 |
0 |
|
Nombre de pays ayant respecté les critères de convergence sur la période (2000-2007) |
0 |
0 |
2 |
2 |
3 |
1 |
1 |
1 |
Sur la période de 2000 à 2007, le Sénégal et le Bénin ont respecté respectivement 4 et 3 fois les critères de convergence. Suivent le Mali (2 fois) et le Niger (1 fois). La Côte d’Ivoire, le Togo, la Guinée-Bissau et le Burkina Faso constituent les maillons faibles du respect des critères. Ce résultat semble logique dans la mesure où les trois premiers pays sont ceux qui connaissent une situation d’instabilité sociopolitique depuis 2000. On peut alors penser qu’il serait difficile pour l’ensemble des pays de satisfaire ces critères tant que certains connaîtront des situations d’instabilités sociopolitiques.
Zone Cemac :
|
Années
Pays |
2000 |
2001 |
2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
2007 |
Nombre de fois que le critère est respecté |
|
Cameroun |
3/4 |
4/4 |
4/4 |
4/4 |
3/4 |
4/4 |
3/4 |
4/4 |
5 |
|
RCA |
2/4 |
2/4 |
1/4 |
0/4 |
1/4 |
1/4 |
0/4 |
2/4 |
0 |
|
Congo |
3/4 |
2/4 |
0/4 |
2/4 |
2/4 |
2/4 |
1/4 |
2/4 |
0 |
|
Gabon |
4/4 |
1/4 |
3/4 |
3/4 |
3/4 |
4/4 |
3/4 |
3/4 |
2 |
|
Guinée Equatoriale |
3/4 |
4/4 |
2/4 |
3/4 |
3/4 |
3/4 |
3/4 |
3/4 |
1 |
|
Tchad |
1/4 |
1/4 |
1/4 |
2/4 |
3/4 |
2/4 |
2/4 |
3/4 |
0 |
|
Nombre de pays ayant respecté les critères |
1 |
2 |
1 |
1 |
0 |
2 |
1 |
0 |
|
Au niveau de la zone Cemac, le Cameroun et le Gabon ont pu respecter 5 fois et 2 fois les critères de convergence. Les pays les plus faibles qui n’ont malheureusement pas pu respecter une fois ces critères sont la RCA, le Congo et le Tchad qui sont encore une fois des pays en situation sociopolitique instable.
VI.Lectures complémentaires
Nicolas Agbohou : (1999) Le Franc cfa et l'Euro contre l'Afrique. Ed Solidarité Mondiale. Paris.
Frédéric Bastiat : (2004) Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Romillat. Paris.
William Easterly: (2006) The Whyte man's burden: Why the west's efforts to aid the rest have done so much ill and so little good. Oxford University press.
Karamoko Kané : (2003) Mondialisation, développement et indépendance monétaire : l'exemple du Franc cfa. Edition A3. Paris.
Mamadou Koulibaly : (2002) Le Libéralisme, nouveau départ pour l'Afrique Noire. L'Harmattan. Paris.
Mamadou Koulibaly : (2005) Les servitudes du pacte colonial. Nei et Ceda. Abidjan.
Steve Kayizi-Mugerwa :( 2003) Reforming Africa's Institutions. United Nation University Press. Tokyo
Désiré Mandilou : (2008) L'économie du partage en Afrique. L'Harmattan. Paris.
Ludwig Von Mises : (1985) L'action humaine : traité d'économie. Puf. Paris.
Dambisa Moyo: (2009) Dead aid: Why aid is not working and how there is another way for Africa. Penguin books. London.
Germain Ndjieunde : (2005) Performances économiques des pays africains de la Zone Franc. Presse Universitaires de Yaoundé.
Eugène Nyambal : (2008) Afrique la voie de la prospérité. L'Harmattan. Paris.
Ousmane Ouédraogo : (1999) Plaidoyer macroéconomique pour l'Afrique. Karthala. Paris.
Hernando de Soto : (2002) Le mystère du capital : Pourquoi le capitalisme triomphe en occident et échoue partout ailleurs. Nouveaux horizons. Paris.
Richard H K Vietor: (2007) How Countries compete: Strategy, Structure, and government in global economy. Harvard business school press.
[1] Selon l’Agence Ouest Africain pour l’Unité Monétaire, la Cedeao envisage, après plusieurs reports, l’adoption de l’Eco comme monnaie commune ouest africaine, à partir du 1er décembre 2009.
[2] On peut approfondir ce sujet avec Cécile Richard : (1995) "La suspension partielle de la convertibilité du Fcfa est elle susceptible de combattre les sorties de capitaux ?" Revue Tiers Monde, Vol.36. N°143, PP 685-693.
[3] Rohinton Medhora: (1992) "reserves pooling in West African Monetary Union. Economia Internazionale, vol 45, n° 2, PP209-222
Allechi Mbet, Madeleine A Niamkey: (1994) “The European Monetary Integration and the Franc Zone" Joint Research Program Series; n°101. Institute of Developing Economies
Allechi Mbet, Madeleine A Niamkey: (1994) Evaluating the net gains from the CFA franc zone membership: A different perspective” World Development, IMF. Vol 22, n° 8, Special Issue. August, pp 1147-1160.
[4] Allechi Mbet, Madeleine A. Niamkey: (1997) “European Economic Integration and the Franc Zone: the future of the Cfa franc after 1999” part II – African Economic Research consortium – March.
[5] Rohinton Medhora : (1996) "Les leçons de l’Umoa". In Intégration et Coopération régionales en Afrique de l’Ouest. Ed Karthala-Crdi. Sous la direction de Real Lavergne. PP 251-275.
[6] Ce terme désigne le privilège de l'institution qui émet de la monnaie et qui par cette activité empoche la différence entre d'une part la valeur des montants émis augmentés des revenus tirés des intérêts de refinancement payés par les banques de second rang et, d'autre part, les coûts de fabrication, de mise en circulation et d'entretien des billets et pièces produites. Les banques centrales retirent par cette voie d'énormes avantages financiers. Le système bancaire lui aussi tire le même type de revenus par la différence entre le coût de gestion des comptes clients et les taux d'intérêt directeurs fixés par la Banque centrale auprès de laquelle les banques commerciales, après qu'elles aient consentis des crédits à leurs clientèles, vont se refinancer.
[7] Rohinton Medhora: (1995) the allocation of seigniorage in Franc Zone: the Beac and Bceao regions compared.
[8] Alexander Yeat: (1990) "Do African countries pays more for imports? Yes" the World Bank Economic review. Vol.4 N°1.
[9] Ces tableaux sont extraits du communiqué de presse publié par la Banque de France à Paris le 7 octobre 2008 pour la présentation du "Rapport de la Zone Franc 2007". Voir la version électronique sur : www.banque-france.fr/fr/instit/telechar/discours/communiq_081007.pdf.
[10] Ce tableau est extrait de la communication de Soumaila Doumbia : "Les sous financements des entreprises dans un contexte de surliquidité bancaire : le paradoxe de l'Uemoa". Colloque international sur "La vulnérabilité de TPE et des PME dans un environnement mondialisé." 27-19 mai 2009, Canada.
[11] Ces deux tableaux qui présentent la ventilation des crédits selon le terme sont extraits du "Rapport Zone Franc" publié par la Banque de France en 2007. Voir la version électronique du rapport disponible sur Internet : www.banque-france.fr/fr/eurosys/zonefr/page2.htm
[12] Au sein de l'Union Européenne il y a le système élargi de banque centrale (Sebc) que l'on qualifie de fédéral dans la mesure où les décisions monétaires sont centralisées au niveau de la Bce, alors que leur exécution est décentralisée au niveau des différentes banques centrales nationales. La Bce est seule habilitée à autoriser l'émission de billets de banque en euros. Le Conseil des gouverneurs prend les décisions de politique monétaire (variations des taux directeurs et des taux de réserves obligatoires). Les conseils des banques centrales nationales indépendantes (Conseil de la politique monétaire français, Conseil de la Banque fédérale d'Allemagne, par exemple) ont transmis, le 1er janvier 1999, leur pouvoir de décision monétaire au Conseil des gouverneurs de la Bce. Ce dernier réunit un directoire de personnes, nommées, par les chefs d'État ou de gouvernement des pays adhérents, ainsi que les gouverneurs des banques centrales nationales de ces pays. De façon décentralisée, le Sebc émet les billets qui seront les seuls à avoir cours légal dans l'UE.
[13] La convention de Vienne sur le droit des traités, du 23 mai 1969 est entrée en vigueur le 27 janvier 1980.Voir http://untreaty.un.org/ilc/texts/instruments/francais/traites/1_1_1969_francais.pdf. Article 62 : Changement fondamental de circonstances.
[14] Voir Edmond Jouve et Dominique Kounkou, Monnaie africaine : la question de la Zone Franc en Afrique centrale, Editions l’harmattan, Paris 2008.
L’Abbé Fulbert Youlou
La mémoire oubliée du Congo-Brazzaville
par Adolphe TSIAKAKA
Parler de l’abbé F. Youlou au Congo, ou encore être son partisan, de 1963 à 1991, c’était être perçu comme un contre-révolutionnaire, une manière d’enlever toute possibilité aux Congolais de connaître effectivement les données réelles de leur histoire, en ne présentant que ce qui permettrait de justifier l’instant présent, sans se préoccuper même d’un devenir ou d’un avenir de cette société instituée par la proclamation de la République du Congo, le 28 novembre 1958.
La Conférence nationale devait permettre de rouvrir l’histoire et de remettre en cause la problématique du pouvoir dans la mesure où elle semble être la confrontation des « différentes ethnies » à l’intérieur du Congo-Brazzaville. En fait, aux assises de la Conférence nationale, la démarche de réhabiliter la figure du père fondateur de la nation congolaise n’a rien changé.
Cette biographie est une tentative de livrer le plus objectivement possible aux générations présentes et à venir, un autre regard sur le père de l’indépendance congolaise. Une saine compréhension de cette partie de l’histoire du Congo contribuera à répondre à bien des questions qui se posent aujourd’hui.
Adolphe TSIAKAKA est titulaire du Diplôme d’études approfondies en Théologie catholique et docteur en ethnologie de l’Université Marc Bloch de Strasbourg, spécialisé en anthropologie de la santé, en littérature orale de tradition kòongó et en récits de vie.
Adolphe TSIAKAKA, L’Abbé Fulbert Youlou, la mémoire oubliée du Congo-Brazzaville, Auteur autoédité, 2, rue des Ecoles – 68120 PFASTATT (France)
E-mail : tsik67@voila.fr – ISBN : 978-2-9534186-0-6
20 Euros
Un livre fortement recommandé et à lire impérativement
EURAFRIQUE OU LIBRAFRIQUE
L’ONU et les non-dits du pacte colonial
du Pr. Mamadou KOULIBALY
Président de l’Assemblée nationale
de la République de Côte d’Ivoire
Présentation du livre
par le Dr Claude KOUDOU,
Enseignant-écrivain
Paris, le 11 novembre 2008
La Côte d’Ivoire peut-elle sortir de la crise ? La réponse ne doit être qu’affirmative. Car les enseignements que nous donne l’Histoire montrent qu’il ne peut en être autrement malgré les différentes embûches constatées sur le chemin. La Côte d’Ivoire a été naguère présentée comme une réussite en Afrique parmi les ex-colonies françaises d’Afrique. A l’occasion de la guerre qui a éclaté dans ce pays le 19 septembre 2002, nous avons dû refaire la lecture de son histoire. Cette dernière nous indique que la Côte d’Ivoire n’est pas la vitrine qui nous avait été décrite. La réalité est beaucoup contrastée qu’elle ne paraît. Qu’en est-il réellement ? C’est à cette question que M. Mamadou KOULIBALY, professeur d’Economie et Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire apporte des réponses, avec des éléments tangibles.
La crise ivoirienne déchaîne des passions. C’est un grand tort. La situation doit plutôt être abordée avec raison. Car sans la paix et la stabilité, le développement auquel aspirent légitimement les populations sera vain. Dans le chapitre introductif, l’auteur interpelle la communauté internationale sur « le mode de résolution des conflits » en Afrique. Il évoque « la démocratie tribale » et une « africanisation de la démocratie ». Il s’agit d’inviter les élites africaines qui conduisent le destin des populations, à identifier clairement le mode de société qu’elles veulent bâtir.
Les conflits qui prospèrent en Afrique ont des causes tant endogènes qu’exogènes. Mais alors que les Occidentaux s’entendent dans leurs pays respectifs pour ce qui concerne leurs intérêts collectifs, en Afrique, deux écoles continuent de s’affronter.
Une, moins confiante qui est sécrétée par les partis uniques – installés au lendemain des indépendances – qui considère que la tutelle de l’ancienne puissance coloniale est nécessaire. Et l’autre qui se veut plus épanouie, émancipée et qui entend assumer pleinement l’indépendance.
L’auteur déplore cette cacophonie. Il résume les raisons fondamentales de cette situation ainsi : « … ni les chefs d’Etat africains, généralement en place depuis plusieurs décennies, ni les puissances occidentales qui les soutiennent envers et contre tout, ne voulaient perdre le bénéfice que leur procurait l’absence de réelle démocratie dont naissent des institutions solides qui protègent les citoyens et les intérêts des populations,… ». La mondialisation nous impose aujourd’hui une ouverture qui crée des interconnexions rapides dans le monde. Le village planétaire qui en résulte devrait induire une liberté égale pour tous.
Cependant, les faits nous montrent que la France et ses anciennes colonies n’ont pas soldé leur passé commun. Puisque la France refuse d’assumer sa part de responsabilité. En fait, dans une totale hypocrisie et la langue de bois bien maniée, la France donneuse de leçons anime une fuite en avant pour repousser son lourd passé qu’elle ne veut pas affronter. Mais l’ancienne puissance tutélaire doit prendre ses responsabilités devant l’Histoire, par rapport à une vérité qui ne peut être éternellement occultée.
Lorsque M. KOULIBALY s’est mis à expliquer que l’attitude des autorités françaises à l’endroit de celles ivoiriennes – à travers cette crise – prend sa source dans le pacte colonial, il a été taxé d’extrémiste ou de nationaliste. Tous termes à consonance péjorative qui viennent balayer d’un revers de la main la problématique posée. Une manière de refuser d’aborder le fond. Il a été diabolisé parce qu’on ne voulait pas entendre raison. Les autorités françaises ont tenté de marginaliser M. KOULIBALY parce qu’il dit à la face du monde la vérité que la France ne veut pas entendre ; la vérité qu’elle ne veut pas qu’on sache, un discours en dehors de celui convenu de certains intellectuels africains.
La démonstration qui est faite à travers ce livre s’appuie sur des faits. L’auteur y parle des « principes flous du pacte colonial ». Il s’agit ici d’amener les Africains à revisiter leur propre Histoire, de l’assumer ensuite pour envisager des perspectives appropriées. L’auteur insiste prioritairement sur la nécessité de la liberté, de l’indépendance effective et de la démocratie, vecteurs du développement parce que ce triptyque conditionne la « bonne gouvernance ».
M. KOULIBALY met à juste titre en évidence comment l’Occident réduit le débat au « fait ethnique » dès lors qu’une crise éclate en Afrique. Cette caricature a failli donner raison à « l’ivoirité » en Côte d’Ivoire.
Observons ensemble que lorsque des accords ne conviennent plus aux Occidentaux, ils les dénoncent et en signent de nouveaux – qu’ils trouvent adaptés - . Les accords qui existent entre l’Afrique et la France (ou l’Occident de façon globale) datent bientôt d’un demi-siècle. Les Africains veulent la révision de ces accords parce qu’ils ne conviennent pas. On note que la crise qui sévit en Côte d’Ivoire est la manifestation du refus de la France de s’asseoir avec les Africains pour discuter. Cette posture autocratique vis-à-vis des Africains est en contradiction avec les valeurs défendues par les autorités françaises dans l’Hexagone et dans l’Union européenne par extension.
L’auteur dénonce également, les incohérences des instances internationales notamment l’ONU, à travers laquelle des grands pays font entorse à la déclaration universelle des Droits de l’Homme. Ce livre démontre que malgré les apparences, la France reste enfermée dans un archaïsme. Mais ce qui est demandé à la France, ce n’est pas de se replier sur elle-même parce qu’elle « a honte » de son Histoire. L’auteur évoque le message du 1er janvier 2006 du Pape Benoît XVI à propos de la crise ivoirienne sur le thème de « Vérité de la Paix ».
Aussi, avec pertinence, l’auteur pose-t-il la problématique de l’immigration. Il y apporte des réponses adéquates en démontrant par exemple comment l’immigration peut être jugulée par l’abandon « d’accords de coopération rétrogrades, étatistes » et infantilisants. Dans ce même élan, l’auteur soutient que les solutions du développement de l’Afrique ne se trouvent pas dans le scellage de l’Eurafrique mais dans la Librafrique.
Enfin, pour inviter la France à endosser entièrement son passé et à en tirer toutes les conséquences, M. KOULIBALY termine son livre en citant des exemples de grands pays qui ont fait l’effort de solder leur « contentieux historique » avec leurs ex-colonies.
Nous avons à travers ces écrits la mise à disposition de la déconstruction d’un mythe, pour inviter les Africains à s’assumer entièrement.
EURAFRIQUE OU LIBRAFRIQUE.
L’ONU et les non-dits du pacte colonial
En Afrique, bien des choses se déroulent souvent en marge des normes internationalement admises. Depuis quelques années, une nouvelle définition du mot « démocratie » semble prendre forme et se répandre sur tout le continent, avec la bénédiction des plus grandes organisations internationales. Doit-on se résigner à une version tropicalisée de la démocratie dans nos pays ? Une démocratie africanisée qui se résume à l’équation : multipartisme + élection = Démocratie !
Alors qu’en Occident, les gouvernants et autres élites s’entendent dans leurs pays respectifs pour ce qui concerne leurs intérêts collectifs, en Afrique, deux écoles continuent de s’affronter. Une, moins confiante qui est sécrétée par les partis uniques – installés au lendemain des indépendances – qui considère que la tutelle de l’ancienne puissance coloniale est nécessaire. Et l’autre qui se veut plus épanouie, émancipée et qui entend assumer pleinement l’indépendance.
Le professeur Mamadou Koulibaly, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, déplore cette « cacophonie ». Il résume les raisons fondamentales de cette situation ainsi :
« … ni les chefs d’Etat africains, généralement en place depuis plusieurs décennies, ni les puissances occidentales qui les soutiennent envers et contre tout, ne veulent perdre le bénéfice que leur procure l’absence de réelle démocratie dont naissent des institutions solides qui protègent les citoyens et les intérêts des populations… ». Il s’agit dans ce livre d’inviter les Africains à s’assumer entièrement.
Professeur Mamadou KOULIBALY, Eurafrique ou Librafrique. L’ONU et les non-dits du pacte colonial, Ed. L’Harmattan, Paris, 2009. – ISBN : 978-2-296-07956-4